Mot d’accueil et sens de la célébration par le célébrant :
Nous avons la joie de nous retrouver ce matin pour reprendre nos prières de guérison dans la tradition chère à Notre Dame de Laghet. Oui, ici, depuis 1652, le Seigneur par l’intercession de Marie, libère, guérit et sauve. Si nous venons à Laghet, ce n’est pas parce qu’il y aurait eu 3 miracles en 1652 et que nous voudrions nous rappeler de ces événements ! Nous venons parce que depuis 1652, à la prière de la Vierge, le Seigneur ne cesse de distribuer des grâces aux pèlerins qui viennent le prier avec foi. C’est pour aider le Seigneur à continuer son œuvre que nous organisons ces temps de prière de guérison. Certes, il est libre d’agir comme il veut et quand il veut, mais nous, d’une certaine manière, nous voulons l’aider en organisant ces temps au cours desquels l’intercession de Notre Dame de Laghet redouble d’intensité pour les participants qui sont là et pour tous ceux que les participants viennent lui confier.
Chaque mois, nos temps de prière ont une orientation particulière en fonction des événements et du calendrier liturgique. Pour ce temps de prière du mois de septembre, je vous invite à faire mémoire d’un événement particulier : il y a 180 ans, aujourd’hui même, la Vierge Marie est apparue, sur la montagne de la Salette, en Isère, à Mélanie, 15 ans et Maximin, 11 ans. Nous allons nous unir aux nombreux pèlerins rassemblés en ce jour à la Salette autour du cardinal Aveline.
Il n’est jamais inutile de préciser que celle qu’on prie à La Salette, à Lourdes, à Laghet et dans tous les autres sanctuaires mariaux, c’est la même Vierge Marie, mère de Jésus et notre mère que l’on appelle sous des vocables différents en fonction des lieux, mais c’est bien la même Sainte Vierge et il n’y a pas un lieu où elle serait plus présente ou plus efficace ! Partout où ses enfants la prient avec foi, Marie est là et porte leur prière sur le cœur de Jésus, son divin Fils.
Puisque nous faisons mémoire de l’apparition de La Salette, nous pouvons nous rappeler que Mélanie et Maximin ont vu la Vierge Marie assise sur une pierre, la tête dans les mains en train de pleurer. Les paroles de Marie aux enfants ont été prononcées dans un contexte particulier, si elle apparaissait aujourd’hui sans doute qu’elle utiliserait d’autres paroles ! Mais elle pourrait bien encore pleurer ! Dans ses larmes, en 1846, comme dans celles qu’elles pourraient verser aujourd’hui, Marie veut rappeler au monde la nécessité de la conversion, de la prière et de la fidélité à Dieu. Si elle pleure, c’est parce qu’elle est la Mère compatissante qui ne peut pas voir ses enfants s’égarer sans que ça ne lui broie le cœur.
Finalement où que ce soit, son message reste toujours le même : la Vierge Marie nous appelle à revenir à son Fils avec un cœur sincère, c’est ce message que nous voulons graver dans nos cœurs. Alors, fixons nos yeux sur Marie qui, sous son grand manteau, rassemble tous ses enfants et demandons lui de nous accompagner dans notre pèlerinage de Foi.
Lecture de l’Evangile : Luc 13,1-5
Des gens vinrent rapporter à Jésus l’affaire des Galiléens que Pilate avait fait massacrer, mêlant leur sang à celui des sacrifices qu’ils offraient. Jésus les enseigna en disant : « Pensez-vous que
ces Galiléens étaient de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens, pour avoir subi un tel sort ? Eh bien, je vous dis : pas du tout ! Mais si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même.
Et ces dix-huit personnes tuées par la chute de la tour de Siloé, pensez-vous qu’elles étaient plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem ? Eh bien, je vous dis : pas du tout ! Mais si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même. »
HOMELIE : Père Roger
Comme je l’ai dit en introduction de notre temps de prière de guérison, quand nous étions devant l’icône de la Vierge au manteau, aujourd’hui-même, c’est le 180° anniversaire de l’apparition de la Vierge Marie à La Salette. Les paroles que la Vierge a pu adresser aux deux jeunes voyants, Mélanie et Maximin, sont rudes et doivent être remises dans le contexte. Mais, au-delà des paroles, ce qui caractérise l’apparition, ce sont les larmes de la Vierge Marie. On peut imaginer l’étonnement des deux jeunes devant ces larmes, quand ils comprendront que c’est la Vierge Marie.
Le fait que Marie ait pleuré montre qu’elle ne regarde pas de loin ce qui se passe sur terre en disant : moi, je suis tranquille au ciel, j’ai fait mon job sur terre en donnant Jésus au monde, maintenant qu’ils se débrouillent ! Le week-end prochain, nous accueillerons la relique du cœur du curé d’Ars, à propos de la Vierge Marie, il aimait dire : elle est comme une maman dans une famille nombreuse, il y a toujours un enfant qui lui tire un pan de son manteau pour lui demander quelque chose ! Thérèse de Lisieux avait dit : je passerai tout mon ciel à faire du bien sur la terre … à combien plus forte raison est-ce l’activité principale de la Vierge Marie : passer son ciel à faire du bien sur la terre ! Mais comme toutes les mamans, elle souffre de voir ses enfants quand ils se perdent à cause de leurs mauvais choix. Et c’est bien ce qui faisait pleurer Notre Dame de la Salette ! Comment pourrions-nous la consoler ?
Evidemment en ne choisissant plus de marcher sur les chemins qui nous conduisent au malheur et en encourageant, surtout par notre exemple, ceux qui nous entourent à se détourner des chemins de perdition. En disant cela, je ne vise pas seulement et même pas d’abord les chemins que prennent les grands délinquants. Ça va peut-être vous étonner, mais nous pouvons nous perdre même sans faire beaucoup de mal ! C’est souvent parce que nous ne faisons pas assez de bien que nous nous perdons dans l’égoïsme aveugle. Or ne pas faire de bien, ça équivaut à faire du mal, c’est ce que signifie le péché par omission. Eh bien, je crois que c’est exactement ce que Jésus voulait nous dire dans l’Evangile que nous avons entendu.
Dans ce texte, St Luc nous raconte que des gens viennent voir Jésus pour lui rapporter deux faits divers très dramatiques : un massacre commis par la garde de Pilate et l’effondrement d’une tour sur de pauvres passants. D’un côté, il y a un mal commis par la méchanceté d’un homme, Pilate, de l’autre un mal commis par une catastrophe naturelle. Dans les deux cas, la même question revient : pourquoi ces malheurs ? Et même pourquoi ce sont ces personnes qui en ont été victimes ?
A cette époque, on pensait que tout ce qui arrivait était la volonté de Dieu, le bien était alors accueilli comme une bénédiction et le mal comme une malédiction, une punition. Alors, on vient interroger Jésus : ceux qui sont morts de manière aussi effroyable étaient-ils plus coupables que les autres, plus pécheurs que les autres ? Jésus tord le cou à cette idée si répandue du mal, de la maladie qui arrive comme punition de Dieu. La réponse de Jésus est claire et elle tient en 3 mots : PAS DU TOUT ! Expression qu’il va répéter 2 fois ! Ceux qui sont morts dans ces deux drames ne sont PAS DU TOUT plus pécheurs que les autres. Mais là où ça se complique, c’est dans la suite de la réponse de Jésus qui dit : « Mais, vous, si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même. »
Je vous partage comment, moi, je comprends cette parole, mais je ne vous oblige pas à partager ce que je pense ! Il me semble que c’est un peu comme si Jésus disait : ces pauvres personnes qui sont mortes victimes de la garde de Pilate ou en passant sous la tour de Siloé, elles sont mortes bêtement. Comme on le dit aujourd’hui, elles étaient au mauvais endroit, au mauvais moment. Elles n’y sont pour rien, il n’y a pas d’explications à chercher, tout ce que nous dirons pour chercher à expliquer le mal sera toujours une bêtise.
En disant : si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même, Jésus lance une invitation à la conversion, comme pour nous dire : vous non plus, vous ne choisirez pas comment vous allez mourir, peut-être que, vous aussi, il vous arrivera d’être au mauvais moment, au mauvais endroit, oui, peut-être que vous pourriez mourir bêtement.
Alors, c’est comme si Jésus nous suppliait : de grâce, convertissez-vous pour ne pas vivre bêtement ! Mourir bêtement, ça peut nous arriver à tous et nous n’aurons pas choisi d’être au mauvais
endroit au mauvais moment ! Mais, ne pas vivre bêtement, c’est à nous qu’il revient de le choisir. Et pour ne pas vivre bêtement, il est nécessaire d’entrer sur un chemin de conversion permanente en décidant, non seulement de nous tenir à distance du mal, mais en décidant de faire du bien, autant de bien que nous le pourrons. Comme le disait Thérèse de Lisieux, il nous revient de choisir de mettre un maximum d’amour dans chaque instant de notre vie. Et c’est ainsi que nous consolerons la Vierge Marie.
En plus de toutes les guérisons bien légitimes que nous sommes venus demander, guérisons physiques, psychologiques spirituelles ou affectives, je vous propose que nous demandions aussi cette guérison fondamentale : que nos cœurs, trop souvent malades de l’égoïsme, soient rendus semblables au Cœur de Jésus, à son cœur débordant d’amour pour tous. Plus nous vivrons dans l’amour et plus les larmes laisseront place au sourire sur le visage de la Vierge Marie. Amen.



