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Mot d’accueil et sens de la célébration par le Père Roger Hebert, recteur
Nous nous retrouvons pour la première prière de guérison de cette année 2026. Traditionnellement, au début de chaque année, nous nous offrons nos vœux, nous formulons de bons vœux à ceux que nous aimons, que nous rencontrons. Nous nous sommes rassemblés devant cette icône de la Vierge au manteau, Notre Dame de Laghet ouvrant son manteau de protection. Alors, plutôt que de vous présenter mes vœux à moi, j’aimerais vous présenter les vœux que nous adresse la Vierge Marie en ce début d’année.
- Je suis sûr que son 1° vœu, c’est que nous nous rapprochions tous de son Fils, Jésus. Nous le voyons sur l’icône, comme sur la statue à l’intérieur de la chapelle qui a inspiré l’icône, ce Fils Marie le tient dans ses bras pour mieux nous l’offrir, pour mieux nous inviter à le prendre comme compagnon de nos routes tout au long de cette année. Oui, je suis sûr que Marie espère que cette année nous permettra toutes et tous de nous rapprocher de Jésus. En effet, même si nous sommes déjà proches de lui, nous ne serons jamais trop proches de lui ; même si nous le prions, même si nous l’accueillons déjà, nous pourrons toujours lui faire une plus grande place dans nos cœurs.
- Le 2° vœu que Marie aimerait nous adresser, c’est que nous puissions nous sentir comme chez nous quand nous venons chez elle, ici au sanctuaire de Laghet. Dans la maison de sa maman, même si on l’a quittée depuis des années, quand on y revient, on reste toujours chez nous, on n’a aucune gêne. Eh bien Marie aimerait que nous ayons cette même liberté dans ce lieu qu’elle habite par sa présence maternelle. Elle aimerait que nous retrouvions tous un cœur d’enfant pour nous adresser à elle, pour oser tout lui demander, tout lui confier de nos peines, de nos soucis, de nos souffrances, de nos désirs.
- Le 3° et dernier vœu que Marie aimerait nous adresser en ce début d’année, c’est que nous puissions grandir encore dans la foi, dans la confiance. En venant ici, au sanctuaire, en ce jour de prière de guérison, nous portons tous un grand désir de voir le Seigneur répondre à nos prières. Ces prières, nous les formulons pour nous qui avons besoin d’une guérison physique, psychologique, spirituelle ou affective ou pour quelqu’un de proche qui a besoin de cette guérison. Marie nous assure qu’elle porte toutes ces prières sur le cœur du Seigneur, que pas une ne restera sans réponse … peut-être pas comme nous l’espérons, mais le Seigneur ne laissera personne repartir sans être devenu meilleur, plus rempli d’amour et de confiance.
Ensemble, puisque nous avons cette certitude qu’elle veille sur nous, prions-la !
Liturgie de la Parole: Evangile de Jésus Christ selon saint Luc 9, 46- 50
En ce temps-là, une discussion survint entre les disciples pour savoir qui, parmi eux, était le plus grand. Mais Jésus, sachant quelle discussion occupait leur cœur, prit un enfant, le plaça à côté de lui et leur dit : « Celui qui accueille en mon nom cet enfant, il m’accueille, moi. Et celui qui m’accueille accueille celui qui m’a envoyé. En effet, le plus petit d’entre vous tous, c’est celui-là qui est grand. » Jean, l’un des Douze, dit à Jésus : « Maître, nous avons vu quelqu’un expulser des démons en ton nom ; nous l’en avons empêché, car il ne marche pas à ta suite avec nous. » Jésus lui répondit : « Ne l’en empêchez pas : qui n’est pas contre vous est pour vous. »
Nous nous sommes rassemblés devant l’icône de la Vierge au manteau pour accueillir les vœux que la Vierge Marie formulait pour nous en ce début d’année. Et je vous ai dit que l’un des grands vœux que Marie, notre douce maman du ciel, formulait pour nous, c’est que nous retrouvions notre cœur d’enfant pour vivre toujours plus dans la confiance vis-à-vis du Seigneur, comme un enfant peut vivre dans la confiance vis-à-vis de ses parents. Oui, comme un enfant qui sait que ses parents veillent sur lui et savent ce dont il a absolument besoin, croyons que notre Père du ciel, puisqu’il nous connait par le cœur, sait exactement ce dont nous avons le plus besoin et qu’il nous l’accordera.
Dans cette perspective, l’Evangile que nous venons d’entendre a mis la lumière sur deux attitudes qui sont absolument à combattre parce qu’elles nous renferment sur nous-mêmes, provoquant la fermeture de notre cœur et mettant ainsi un obstacle à l’action du Seigneur qui ne peut agir que dans un cœur qui s’ouvre librement à son action. Ces deux attitudes sont l’orgueil et la jalousie. Je vous propose que nous les regardions l’une après l’autre.
– Commençons par l’esprit d’orgueil. L’Evangile nous dit que Jésus avait entendu ses apôtres discuter entre eux, peut-être étaient-ils, tous, en train de marcher, Jésus un peu devant ou un peu derrière. Et il entend cette discussion animée parce qu’évidemment, chacun pensait être le meilleur, le plus grand. Il intervient tout de suite parce qu’il ne veut pas que cet esprit d’orgueil fasse des dégâts dans le cœur de ses apôtres. Providentiellement, un enfant se trouve dans les parages, il le prend et le place au milieu de ses apôtres qui venaient de se disputer et il dit : Celui qui accueille en mon nom cet enfant, il m’accueille, moi. Et celui qui m’accueille accueille celui qui m’a envoyé. En effet, le plus petit d’entre vous tous, c’est celui-là qui est grand.
Il y a deux parties dans cette parole de Jésus.
- En invitant d’abord ses apôtres à accueillir tous ceux qui ressemblent à cet enfant, c’est comme si Jésus leur disait : plutôt que de vous préoccuper de savoir qui est grand, occupez-vous des petits car ceux qui s’occupent des petits, ce sont eux qui sont grands puisqu’ils m’accueillent moi et le Père du ciel qui m’a envoyé. Quand nous avons la maladie des grandeurs, rappelons-nous que les plus grands sont ceux qui accueillent les petits parce que ce sont eux qui ont le plus grand cœur.
- Et ensuite, Jésus continue : le plus petit d’entre vous tous, c’est celui-là qui est grand. Cette parole est assez paradoxale : le petit, c’est lui qui est vraiment grand … comment est-ce possible ? Oh, c’est assez simple, le petit, il sait qu’il a besoin des autres, qu’il a besoin du Seigneur, il ne cherche pas à s’en sortir uniquement par lui-même. Celui qui agit réussira forcément mieux puisque le Seigneur agira en lui comme son allié.
En venant à cette prière de guérison, nous avions une idée assez précise de la guérison que nous voulions demander, mais peut-être que cette parole nous invite à voir si nous ne serions pas, parfois, quand même un peu malades, ou beaucoup malades, de cet esprit d’orgueil et de suffisance qui nous empêche d’ouvrir notre cœur à l’action du Seigneur.
Venons-en maintenant à la jalousie. La fin de l’Evangile nous rapporte cette scène terrible : l’un des apôtres et pas n’importe lequel puisqu’il s’agit de Jean a vu une personne qui faisait du bien mais qui n’appartenait pas au groupe des apôtres, il va vite se plaindre à Jésus et lui dit : Maître, nous avons vu quelqu’un expulser des démons en ton nom ; nous l’en avons empêché, car il ne marche pas à ta suite avec nous. Vous vous rendez compte, il a empêché quelqu’un de faire du bien sous prétexte qu’il ne faisait pas partie des apôtres et les autres apôtres devaient être d’accord avec lui puisque le texte dit : nous l’en avons empêché
. Si son cœur et celui des autres apôtres avaient été ajustés à celui de Jésus, ils se seraient réjouis que de plus de personnes soient capables de faire du bien, c’est d’ailleurs ce que fera remarquer Jésus. Mais voilà, il y a comme une jalousie, ils estiment que faire du bien, c’est leur chasse gardée, ils sont incapables de se réjouir de ce que les autres font de bien. Quelle terrible maladie que la jalousie qui provoque une grande fermeture du cœur. Je suis tellement auto-centré qu’il n’y a que moi qui compte et quand je ne suis plus au centre de tout, alors j’entre en crise. Bien sûr, cette maladie peut être la conséquence de profondes blessures d’enfance. Ceux qui n’ont pas été aimés, peuvent développer cette maladie parce qu’ils estiment que maintenant c’est à leur tour d’être aimés et si quelqu’un ne répond pas parfaitement ou si quelqu’un d’autre est bénéficiaire d’un amour qu’ils pensent leur être dû, alors c’est le drame. En tout cas, quelle que soit l’origine de la jalousie, il faut demander à en être guéri et demander cette guérison avant toutes les autres parce qu’elle provoque des blocages, des fermetures qui risquent d’empêcher Dieu d’agir librement en moi.
Je termine en soulignant que vous aurez pu remarquer que dans les deux situations tordues évoquées tant au niveau de l’orgueil des apôtres que de leur jalousie, Jésus ne réagit pas durement et je pense que c’est très important de le souligner. Jésus ne s’énerve pas parce que, pour lui, le péché est plus une maladie qu’un vice et nous entendrons au cours de la messe tout à l’heure qu’il est venu pour les pécheurs. Comme un médecin soigne les malades, dira-t-il, lui, il est venu soigner les pécheurs qui sont les premiers à souffrir de leurs péchés. Cela devrait beaucoup nous encourager à nous confier à lui, à lui confier toutes nos misères, toutes celles dont nous n’osons pas parler aux autres parce que nous avons peur d’être jugés. Dans le temps d’adoration qui va suivre ou lorsque je passerai au milieu de vous avec le Saint-Sacrement, Jésus-Eucharistie, ouvrez-lui votre cœur, présentez-vous à lui tels que vous êtes en le suppliant d’agir pour vous libérer et vous guérir. C’est la grâce que nous demandons par l’intercession de Notre Dame de Laghet.



