• Mot d’accueil et sens de la célébration par le célébrant:

Nous sommes rassemblés aujourd’hui pour entrer dans ce temps de prière de guérison placé sous le signe de l’Espérance. Cette nouvelle année nous fait entrer dans le jubilé de la Rédemption voulu par le Pape François, dans la grande tradition de l’Eglise. En effet, depuis 1475, de manière ininterrompue, tous les 25 ans, les Papes ont proposé aux chrétiens de vivre une année jubilaire pour se réjouir de manière toute particulière du Salut apporté par le Christ. En plus, aujourd’hui, 18 janvier, s’ouvre la grande semaine de prière pour l’unité des chrétiens, nous demanderons par l’intercession de Notre Dame de Laghet, de pouvoir ressentir aussi douloureusement que le Seigneur le ressent la souffrance et le scandale causé par ces divisions. Mais nous pourrons aussi rendre grâce pour les 1700 ans du concile de Nicée qui s’est réuni en 325, ce temps béni où l’Eglise n’était pas encore divisée. Cela signifie que les décisions de ce concile sont accueillies par toutes les Eglises et sont le socle commun de ce qui nous unit par-delà nos différences. Nous demanderons à la Sainte Famille de Nazareth la grâce de rester fidèles à la foi de notre baptême car plus nous serons fidèles à la Foi de nos Baptêmes et plus nous serons proches les uns des autres. Préparons nos cœurs à accueillir, tout au long de cette année la bénédiction offerte par le Jubilé en renforçant cette certitude de foi que Christ est venu nous sauver et qu’il est venu porter ce qui était trop lourd pour nous. C’est tout cela que nous sommes venus lui confier dans ce temps de prière de guérison. Reprenons ensemble la prière du jubilé en unissant nos cœurs :

« Père céleste,
La foi que tu nous as donnée en ton fils Jésus-Christ, notre frère
Et la flamme de la charité répandue dans nos cœurs par l’Esprit Saint
Réveillent en nous la bienheureuse Espérance de l’avènement de ton Royaume.
Que ta grâce nous transforme en cultivateurs assidus des semences de l’Évangile
Qui féconderont l’humanité et le monde,
Dans l’attente confiante des cieux nouveaux et de la terre nouvelle,
Lorsque les puissances du mal seront vaincues
Ta gloire sera manifestée pour toujours.
Que la grâce du Jubilé ravive en nous, Pèlerins de l’Espérance,
L’aspiration aux biens célestes et répande sur le monde entier
La joie et la paix de notre Rédempteur.
À toi, Dieu béni dans l’éternité la louange Et la gloire pour les siècles des siècles. Amen. »

  • Lecture de l’Évangile selon saint Jean 11 « Crois-tu cela ? »

Il y avait quelqu’un de malade, Lazare, de Béthanie, le village de Marie et de Marthe, sa sœur. Or Marie était celle qui répandit du parfum sur le Seigneur et lui essuya les pieds avec ses cheveux. C’était son frère Lazare qui était malade. Donc, les deux sœurs envoyèrent dire à Jésus : « Seigneur, celui que tu aimes est malade. » Jésus aimait Marthe et sa sœur, ainsi que Lazare. Pourtant, quand il apprit que celui-ci était malade, il demeura deux jours encore à l’endroit où il se trouvait … Comme Béthanie était tout près de Jérusalem, beaucoup de Juifs étaient venus réconforter Marthe et Marie au sujet de leur frère. Lorsque Marthe apprit l’arrivée de Jésus, elle partit à sa rencontre, tandis que Marie restait assise à la maison. Marthe dit à Jésus : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. Mais maintenant encore, je le sais, tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera. »

Jésus lui dit : « Ton frère ressuscitera. » Marthe reprit : « Je sais qu’il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour. » Jésus lui dit : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? » Elle répondit : « Oui, Seigneur, je le crois : tu es le Christ, le Fils de Dieu, tu es celui qui vient dans le monde. » Ayant dit cela, elle partit appeler sa sœur Marie, et lui dit tout bas : « Le Maître est là, il t’appelle. » Marie, dès qu’elle l’entendit, se leva rapidement et alla rejoindre Jésus… Marie arriva à l’endroit où se trouvait Jésus. Dès qu’elle le vit, elle se jeta à ses pieds et lui dit : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. » Quand il vit qu’elle pleurait, et que les Juifs venus avec elle pleuraient aussi, Jésus, en son esprit, fut saisi d’émotion, il fut bouleversé … Alors Jésus se mit à pleurer, puis, arrivant au tombeau, Jésus dit : « Enlevez la pierre. » Marthe, la sœur du défunt, lui dit : « Seigneur, il sent déjà ; c’est le quatrième jour qu’il est là. » Alors Jésus dit à Marthe : « Ne te l’ai-je pas dit ? Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu. »

  •  Homélie du Père Roger

Ce texte d’Evangile qui nous rapporte le dialogue entre Jésus et les sœurs de Lazare au moment de sa mort est très beau, mais aussi très long, j’ai donc été obligé de le couper. Nous n’avons pas entendu la fin, mais, soyez rassurés, Jésus a bien ressuscité son ami Lazare !

Dans les versets que j’ai choisis de nous faire entendre, il y a plusieurs points que j’aimerais souligner parce qu’ils peuvent directement nous rejoindre, nous qui sommes venus prier dans ce temps de guérison.

Le 1° point, c’est qu’il n’est pas toujours simple, quand on en porte lourd de ne pas en vouloir au Bon Dieu. Vous avez entendu, par deux fois, la responsabilité de Jésus va être comme montrée du doigt par les sœurs de Lazare. C’est d’abord Marthe qui lui dit : Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. Puis c’est au tour de Marie de lui faire le même reproche quand il arrive enfin. Ce que je trouve beau, c’est que Jésus ne les fait pas taire en leur disant : vous n’avez pas honte de ce que vous dites ! Quand nous crions vers lui, le Seigneur ne nous fera jamais taire, même si nos paroles sont parfois injustes à son égard. Il sait bien que ces paroles sont prononcées sous le coup de la douleur, qu’elles expriment notre souffrance. Le Seigneur accepte volontiers que nous puissions vider notre sac, tout lui dire ce que nous avons sur le cœur pour nous soulager.

Le 2° point que je veux souligner, c’est le chemin que Jésus propose à Marthe de pouvoir faire. Juste après lui avoir fait le reproche dont je viens de parler, Marthe lui dit, comme pour se récupérer : Mais maintenant encore, je le sais, tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera. Belle déclaration à laquelle Jésus répond en disant : Ton frère ressuscitera. Ce à quoi Marthe répond : Je sais qu’il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour. Avez-vous remarqué qu’en quelques mots, Marthe vient de dire par deux fois : je sais ! je sais que tout ce que tu demanderas à Dieu, il te l’accordera et Je sais qu’il ressuscitera au dernier jour. Marthe, elle sait beaucoup de choses, un peu comme nous, d’ailleurs ! Mais nous voyons bien que Jésus n’est pas venu pour lui décerner un diplôme de catéchisme pour la récompenser de tout ce qu’elle sait.

C’est pourquoi, il l’emmène sur un autre terrain. C’est un peu comme s’il lui disait : bravo pour tout ce que tu sais, maintenant, j’ai une question à te poser : est-ce que tu crois ? Voilà ce que Jésus lui demande : Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; crois-tu cela ? Et Marthe répond : Oui, Seigneur, je le crois ! On est soulagé, Marthe n’est pas qu’une savante, elle est aussi une croyante ! Sauf qu’elle ne répond pas à la question de Jésus ! Jésus lui avait demandé, est-ce que tu crois que je suis la résurrection et la vie et elle, elle répond : je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu, tu es celui qui vient dans le monde. Ce n’était pas la question !

Et, comme elle se sent un peu trop bousculée par ce dialogue, elle décide d’y mettre fin en allant chercher sa sœur : viens vite, le maitre t’appelle … alors que Jésus n’a pas appelé Marie, mais c’est Marthe qui cherche à fuir pour ne pas se poser les bonnes questions.

On le voit bien, Marthe a beaucoup de difficulté à entrer dans une vraie démarche de foi. A ce sujet, j’aime dire qu’il est souvent préférable de remplacer le mot « foi » par celui de « confiance ». En effet, le mot foi peut souvent sembler abstrait, apparaitre comme l’adhésion intellectuelle à des vérités. Alors que le mot confiance, il n’est pas intellectuel, mais relationnel. Et, finalement, c’est bien ce que Jésus demande à Marthe : est-ce que tu me fais confiance ? Sors de tout ce que tu sais, de tout ce que tu crois avec ta tête et entre dans la confiance, interroge ton cœur et laisse-le parler.

C’est ce même chemin que Jésus voudrait nous aider à faire à chaque fois que nous venons participer à ces temps de prière de guérison. Nous venons souvent avec tout ce que nous savons : je sais qu’ici il y a eu beaucoup de guérisons ; je sais que dans ces prières de guérison, il y en a qui ont été exaucés ; je sais, je sais … Et Jésus nous dit comme à Marthe : laisse tomber tout ce que tu sais, moi, j’ai une question à te poser : est-ce que tu me fais confiance ? Est-ce que tu crois que je vais m’occuper de toi et que je ne te laisserai pas repartir comme tu es venu ?

En disant cela, je ne dis pas que tout le monde sera guéri, mais je crois que tout le monde sera visité. Le Seigneur, en passant auprès de vous dans quelques instants, s’arrêtera auprès de chacun, posant son regard d’amour et agissant au plus profond du cœur de ceux qui lui feront confiance. Personne ne repartira comme il est venu car accueillir le regard de Jésus qui se pose sur nous, c’est une expérience bouleversante. Ce qui nous aidera à sortir de nos tombeaux, ce n’est pas ce que nous savons, mais c’est la confiance que nous accorderons à Jésus quand il passera auprès de nous.

En tout cas, quand je porterai le Saint-Sacrement et que je permettrai à Jésus de s’approcher de chacun de vous, dans le secret de mon cœur, je lui dirai ce que lui ont dit Marthe et Marie : Jésus regarde, c’est ton ami et celui ou celle que tu aimes est malade ou il est venu te confier un malade de son entourage. Puisque je crois que Jésus est le même aujourd’hui qu’hier, je n’ai aucun doute, devant chacun, il sera ému de compassion, comme nous y invite le Jubilé, nous pouvons vivre dans l’espérance.

 

PHOTO : Ouverture du Jubilé à Nice
Pour en savoir plus : Mgr Nault: «Il faut que nous terminions cette année sainte plus proches de Dieu»