Mot d’accueil et sens de la célébration par le Père Roger Hebert, recteur :
Traditionnellement, dans l’Eglise, le mois de juin, c’est le mois du Sacré-Cœur de Jésus ; nous l’avons fêté la semaine dernière, vendredi et, le lendemain de la fête du Sacré Cœur de Jésus, c’est toujours la fête du Coeur immaculé de Marie. Evidemment, ce n’est pas un hasard si ces deux fêtes se suivent ; c’est l’Eglise qui l’a voulu pour nous aider à comprendre que nous ne devrons jamais séparer Marie de Jésus.
Dans ce sanctuaire marial, il est très important d’entendre et de relayer cet appel. C’est pour cela que, dans la plupart des représentations chrétiennes, Marie tient toujours Jésus dans ses bras, prête à nous le donner, heureuse de nous le donner parce qu’elle sait que Jésus est le plus grand cadeau qu’elle puisse nous faire.
Et j’ai demandé que, sur vos feuilles de chants vous ayez cette représentation si étonnante. Elle se trouve dans la chapelle de la maison des Evêques de France à Paris, une chapelle que j’ai eu l’occasion de fréquenter souvent quand j’accomplissais la mission que les évêques m’avaient confiée concernant les violences sexuelles subies dans l’Eglise. Cette statue, elle m’a tout de suite tapé
dans l’œil ! On voit Jésus qui est comme en train de se débattre pour quitter les bras de Marie, il semble pressé de pouvoir commencer sa mission de Sauveur et Marie ne le retient pas jalousement dans ses bras. Elle sait qu’elle a été choisie pour donner Jésus au monde, pas pour le garder pour elle, pas pour attirer à elle.
C’est un bien grand et beau mystère que cette union des cœurs de Jésus et Marie. Ce temps de prière de guérison se passe ici, à Laghet, danCette statue, elle m’a tout de suite tapé dans l’œil ! On voit Jésus qui est comme en train de se débattre pour quitter les bras de Marie, il semble pressé de pouvoir commencer sa mission de Sauveur et Marie ne le retient pas jalousement dans ses bras. Elle sait qu’elle a été choisie pour donner Jésus au monde, pas pour le garder pour elle, pas pour attirer à elle.s ce sanctuaire marial où Marie est comme la maitresse de maison, mais, quand nous venons à elle, Marie n’a qu’un seul désir, c’est de nous brancher sur le cœur de son divin Fils pour qu’il accomplisse en nous sa mission de guérison, de libération et de Salut. Quand nous la prions, elle, Marie intercède pour nous auprès de Jésus car c’est lui et lui seul qui peut guérir, libérer et sauver. C’est parce que nous sommes animés par cette foi que nous allons nous entrer en procession pour nous confier à ces deux cœurs unis que sont le cœur de Jésus et le cœur de Marie
Lecture de la Parole de Dieu : Évangile selon St Jean :
Le troisième jour, il y eut un mariage à Cana de Galilée. La mère de Jésus était là. Jésus aussi avait été invité au mariage avec ses disciples. Or, on manqua de vin. La mère de Jésus lui dit : « Ils n’ont pas de vin. » Jésus lui répond : « Femme, que me veux-tu ? Mon heure n’est pas encore venue. » Sa mère dit à ceux qui servaient : « Tout ce qu’il vous dira, faites-le. » Or, il y avait là six jarres de pierre pour les purifications rituelles des Juifs ; chacune contenait deux à trois mesures, (c’est-à-dire environ cent litres). Jésus dit à ceux qui servaient : « Remplissez d’eau les jarres. » Et ils les remplirent jusqu’au bord. Il leur dit : « Maintenant, puisez, et portez-en au maître du repas. » Ils lui en portèrent. Et celui-ci goûta l’eau changée en vin. Il ne savait pas d’où venait ce vin, mais ceux qui servaient le savaient bien, eux qui avaient puisé l’eau. Alors le maître du repas appelle le marié et lui dit : « Tout le monde sert le bon vin en premier et, lorsque les gens ont bien bu, on apporte le moins bon. Mais toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à maintenant. » Tel fut le commencement des signes que Jésus accomplit. C’était à Cana de Galilée. Il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui.
Vous savez que le mondial de foot a commencé, je ne sais pas si vous êtes fans, moi, j’aime bien le foot ! Deux joueurs, quand ils se connaissent vraiment bien, quand une vraie complicité est née entre eux, alors un simple regard leur suffit pour se comprendre et c’est ainsi que, celui qui a le ballon, le transmettra exactement pile-poil où celui qui l’a appelé le souhaitait. Merveille de la complicité ! Eh bien, ce genre de complicité n’est rien à côté de la complicité qui unissait Marie et Jésus, le cœur de Marie à celui de Jésus. Et ce texte d’Evangile que nous venons d’entendre le montre à merveille.
Marie a été invitée à ce mariage et comme à son habitude, elle ne se contente pas de mettre les pieds sous la table, elle doit, discrètement, aider au service et c’est ainsi qu’elle remarque le problème qui pourrait bien gâcher cette fête : il n’y a plus de vin. Mais que peut-elle faire, elle, pour régler ce problème ? Elle n’a pas besoin de réfléchir très longtemps, elle va vite voir Jésus ! Et elle a cette simple parole : Ils n’ont plus de vin. Elle ne dit pas à Jésus ce qu’il doit faire, leur complicité de foi se manifeste dans cette simple remarque. Elle sait qu’il comprendra ; que fera-t-il ? Elle n’en sait rien, mais ce dont elle est sûre, c’est que, ce qu’il fera, sera ce qu’il fallait faire !
Cette confiance absolue de Marie manifeste bien l’union de leurs deux cœurs. Du coup, elle ne se laisse pas arrêter par la remarque de Jésus qui, faut-il le préciser, ne la remballe pas. S’il l’appelle « femme », c’est justement parce qu’il reconnait en elle LA femme qui inversera le cours de l’histoire. Par la désobéissance de la 1° femme, le péché est entré dans le monde, mais par cette femme, c’est le Salut qui va entrer, non seulement pour réparer le péché mais pour remettre l’humanité dans sa véritable trajectoire, la réorientant dans l’amitié avec Dieu. Par la convoitise d’une femme, un effondrement s’est opéré, par la foi d’une autre femme, Marie, la restauration de l’humanité pourra s’opérer.
C’est bien parce qu’elle a entendu la parole de Jésus comme une parole de considération, qu’elle n’hésite pas une seconde et dit aux serviteurs : ce qu’il vous dire de faire, faites-le ! Sous-entendu, même si ça vous parait fou, écoutez-le et faites ce qu’il vous demande. Et, de fait, ce qu’il leur a demandé a dû leur paraitre fou : on ne manquait pas d’eau et pourtant il fait remplir les jarres de 600 litres d’eau ! Mais puisque cette femme leur avait dit : quoiqu’il vous dise, faites-le, ils l’ont fait et le miracle a eu lieu.
Et vous voyez ce qui est aussi très beau, dans ce texte, c’est que Jésus dit à Marie : mon heure n’est encore pas venue, autrement dit : c’est trop tôt pour que je commence à agir. De fait, dans l’Evangile de St Jean, ce récit se situe au chapitre 2, nous sommes donc au tout début du ministère de Jésus. Oui, peut-être que c’était un peu tôt, mais qu’importe, Marie lui fait remarquer ce qui se passe et Jésus va donc agir. C’est pour cela qu’on a pris l’habitude de dire que Marie fait avancer l’horloge du Bon Dieu. N’hésitons donc pas à la prier quand nous avons l’impression que le Seigneur tarde à répondre à nos demandes, pour nous aussi, elle peut encore faire avancer l’horloge du Bon Dieu !
Marie veille encore, aujourd’hui, tout particulièrement dans ce sanctuaire. Sans cesse, elle se penche vers Jésus pour lui parler des pèlerins qui passent au sanctuaire, pour lui parler de ceux qui participent à ces temps de prière de guérison. Elle ne cesse donc de dire à Jésus : regarde ce couple, le bon vin de l’amour vient à leur manquer ; regarde cette personne le bon vin de la santé vient à lui manquer ; regarde telle autre, le bon vin de la joie lui manque et peut-être aussi le bon vin de la foi ; regarde cette famille ou cette femme seule qui doit élever ses enfants, ils sont en grande précarité, le bon vin de la paix vient à manquer.
Nous pouvons en être assurés, ce matin, Marie pose son regard d’amour sur chacun de nous et elle voit quel est le bon vin qui nous manque. Alors, elle intercède pour nous en unissant son cœur de Mère au cœur de Sauveur de son Jésus pour lui demander d’agir en notre faveur. Quand Jésus passera au milieu de nous dans quelques instants, nous pouvons croire que Marie lui aura déjà tout dit de nos manques, de nos désirs. Elle ne lui dira pas ce qu’il doit faire, mais elle lui dira juste dans quel état nous sommes. Et c’est à chacun de nous qu’elle s’adresse maintenant : je ne sais pas ce que Jésus fera pour toi, je ne sais pas ce qu’il te dira, ce qu’il de te demandera de faire mais quoiqu’il te demande, fais-le ! Puissions-nous l’écouter pour que des torrents de grâce se déversent dans nos cœurs, dans nos corps, dans nos esprits, dans nos âmes.



