Mot d’accueil du recteur, le Père Roger Hébert
Nous avons la joie de nous retrouver ce matin pour reprendre nos prières de guérison dans la tradition chère au sanctuaire de Laghet. Oui, c’est parce qu’ici, depuis 1652, Marie libère, guérit et sauve que nous avons l’audace de proposer ces temps de prière de guérison pour que Notre Dame de Laghet puisse continuer, par son intercession puissante à obtenir des merveilles. Notre confiance en son amour si bienveillant à l’égard de chacun de ses enfants est grande.
Lundi 15 septembre, nous avons célébré la mémoire de Notre Dame des Sept douleurs. Il est fort possible que vous n’ayez pas pu participer à la messe puisque c’était un jour de semaine. Je détaillerai dans mon homélie ce que sont ces sept douleurs de Marie, ce qui permettra aux retardataires de ne rien rater ! Mais je veux déjà insister sur la signification profonde de cette fête : La Vierge Marie compatit à nos douleurs puisqu’elle en a connu de sérieuses ! Au cours de cette matinée, laissons-nous donc réconforter par elle et mettons-nous sous sa maternelle protection.
Nous avons tous de bonnes raisons d’être là pour ce temps de prière de guérison parce que nous avons tous besoin, vous comme moi, de guérison, qu’elle soit physique, psychologique, spirituelle, affective. Mais peut-être sommes-nous venus aussi avec le désir de prier pour des personnes qui sont chères et qui ne peuvent pas venir ou qui ne veulent pas venir. Notre prière, pour ces personnes et pour nous-mêmes, adressée à La Vierge Marie se fait maintenant fervente. Et comme il y a eu 7 douleurs de Marie, il y aura 7 intentions !
R/ O Marie prends nos prières purifie-les, complète-les, présente-les à ton Fils.
1/ Ô Notre-Dame des Douleurs, Mère compatissante et pleine de grâce, nous nous tournons vers toi en ce moment de prière. Ton cœur a été transpercé par sept épées de douleur, partageant les souffrances profondes de ton fils bien-aimé, Jésus-Christ. En tant que Mère des Douleurs, tu comprends nos peines, nos angoisses, et nos blessures. Nous nous confions à toi, sachant que tu intercèdes pour nous avec un amour maternel incommensurable.
2/ Marie, Mère d’amour, nous sommes émerveillés par la constance de ta foi dans les douleurs qui ont marqué ton cœur immaculé. Que la prophétie de Siméon résonne en nous, nous rappelant que tu as consenti librement à partager le chemin douloureux de ton Fils pour notre rédemption. Comme toi, apprends-nous à croire, à espérer et à aimer même lorsque nous traversons des moments difficiles, en nous abandonnant à la divine providence du Seigneur.
3/ Mère des Douleurs, nous te confions toutes les souffrances du monde. Regarde avec compassion ceux qui portent le poids de la maladie, de la perte, de la solitude et de l’injustice. Tourne ton regard tendre vers ceux qui pleurent et ressentent le fardeau de la croix. Intercède pour nous auprès de ton Fils, afin que Sa grâce guérisse nos plaies et apaise nos cœurs.
4/ Ô Mater Dolorosa, nous te prions pour tous ceux qui endurent la violence, l’oppression et la discrimination. Sois leur refuge dans la tempête, protège-les sous ton manteau maternel, et guide-les vers la lumière de l’espérance. Que ton exemple de force et de foi inspire tous ceux qui se trouvent dans l’obscurité du désespoir.
5/ Marie, Reine des Martyrs, nous te confions également l’Église, le Corps mystique de ton Fils sur terre. Fortifie les cœurs des fidèles, donne à l’Église la sagesse nécessaire pour témoigner de la vérité et de la charité, et protège-la des attaques de l’ennemi. Que ton amour maternel soit un baume réconfortant pour tous les membres de l’Église qui souffrent la persécution.
6/ Notre-Dame des Douleurs, modèle de foi et de persévérance, enseigne-nous à porter nos croix avec courage et abandon. Accorde-nous la grâce de comprendre que, dans chaque épreuve, tu es présente avec nous, nous conduisant vers la victoire de la vie éternelle. Qu’en contemplant ton cœur douloureux, nous puissions trouver la force de suivre Jésus jusqu’au bout.
7/ Marie, Mère des Douleurs, nous te confions nos vies, nos peines et nos joies. Que ton amour maternel enveloppe chacune et chacun de nous, nous conduisant toujours plus près de ton Fils. Amen.
« Marie, Mère du Christ et notre Mère, notre guide et notre soutien dans le pèlerinage de la vie, nous accourons avec confiance implorer votre secours.
À votre prière, que votre Fils accorde :
Aux chrétiens, l’unité dans la charité,
Aux justes, la persévérance,
Aux âmes tristes, la consolation,
Aux cœurs abattus, le courage et la confiance,
Aux malades, la santé,
Aux pécheurs, le repentir et le pardon,
À tous les défunts, la pleine purification et la délivrance,
À chacun de nous, Mère de toute grâce, votre maternelle protection !
Dès maintenant, donnez-nous Jésus et à l’heure de notre mort,
Soyez notre avocate auprès de lui.
Au ciel nous vous dirons éternellement notre reconnaissance. AMEN »
Lecture de l’Evangile selon St Luc Lc 2, 41_51
Perte de Jésus au Temple de Jérusalem, (Luc 2, 41-51)
Chaque année, les parents de Jésus se rendaient à Jérusalem pour la fête de la Pâque. Quand il eut douze ans, ils montèrent en pèlerinage suivant la coutume. À la fin de la fête, comme ils s’en retournaient, le jeune Jésus resta à Jérusalem à l’insu de ses parents. Pensant qu’il était dans le convoi des pèlerins, ils firent une journée de chemin avant de le chercher parmi leurs parents et connaissances. Ne le trouvant pas, ils retournèrent à Jérusalem, en continuant à le chercher. C’est au bout de trois jours qu’ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs de la Loi : il les écoutait et leur posait des questions, et tous ceux qui l’entendaient s’extasiaient sur son intelligence et sur ses réponses. En le voyant, ses parents furent frappés d’étonnement, et sa mère lui dit : « Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois comme ton père et moi, nous avons souffert en te cherchant ! » Il leur dit : « Comment se fait-il que vous m’ayez cherché ? Ne saviez-vous pas qu’il me faut être chez mon Père ? » Mais ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait.
Comme je le disais dans mon mot d’accueil, il est bien possible que vous n’ayez pas pu participer à la messe lundi dernier en la fête de Notre Dame des 7 douleurs. C’est cette fête qui a inspiré la trame de ce temps de prière de guérison. Mais, au fait, quelles sont ces 7 douleurs qui ont broyé le cœur de Marie ?
La 1°, c’est la prophétie du vieillard Siméon quand il a annoncé, lors de la présentation de Jésus au Temple qu’un jour, un glaive de douleurs transpercerait le cœur de Marie. On comprend qu’une telle prophétie puisse broyer le cœur d’une maman.
La 2°, c’est le massacre des Innocents et la fuite en Egypte, certes Jésus aura la vie sauve, mais quelle douleur pour cette maman de voir la douleur de toutes les autres mamans qui ont perdu leur enfant, quelle douleur que de devoir partir et vivre la difficile condition des réfugiés dans un pays où on ne se sent pas forcément les bienvenus.
La 3° douleur, c’est la perte de Jésus au Temple de Jérusalem, c’était l’Evangile que nous venons d’entendre. On n’a pas de peine à imaginer l’angoisse qui a pu envahir le cœur de Marie et les larmes qu’elle a pu verser en attendant de retrouver Jésus … et quand il est retrouvé, il y cette parole si énigmatique de Jésus, parole que Marie ne peut pas totalement comprendre et qui ne lui apporte pas de consolation.
La 4° douleur, c’est la rencontre de Marie et de Jésus sur le chemin de croix ; depuis un moment, Marie le suivait, espérant pouvoir le serrer dans ses bras, quand elle le peut enfin, c’est une immense douleur qui l’envahit, elle voit son corps si abimé par les coups de fouet, les chutes sur le chemin.
La 5° douleur, c’est la mise en croix et la mort du Christ, jusque-là, Marie devait espérer que les événements allaient s’arrêter, que Jésus ne serait pas obligé d’aller au bout. Ce n’est pas le cas, c’est, en même temps, une douleur de la foi et une douleur qui la prend aux entrailles quand elle entend les coups de marteau frappés pour enfoncer les clous.
La 6° douleur, c’est la déposition de la croix du corps du Christ et remis entre les bras de sa mère qui peut mesurer l’ampleur des souffrances qu’il a subies, son corps est lacéré, abîmé, rien ne lui a été épargné. Marie tient le corps de Jésus dans ses bras comme elle le tenait quand il était bébé ou enfant, mais, là, elle ne peut plus rien, elle n’a rien pu faire pour lui épargner ces souffrances, quelle douleur !
Et la 7°, la dernière douleur, c’est la mise au tombeau de Jésus. C’est la douleur de toutes les mamans quand la tombe de leur enfant se referme, réalisant qu’il faudra continuer à vivre avec cette absence qui fait qu’on se demande comment la vie va encore être possible pour ceux qui restent.
J’ai voulu reprendre en les détaillant un peu chacune de ces 7 douleurs pour que nous soyons bien convaincus que la vie de la Vierge Marie n’a pas été, comme on le dit en empruntant le titre d’un film, un long fleuve tranquille. C’est sans doute pour cela que les sanctuaires, comme le nôtre, dédiés à la Vierge Marie accueillent tant de personnes en souffrance. Bien sûr, et c’est normal, c’est même le signe d’une grande foi, chacun vient en espérant, par l’intercession de la Vierge Marie, être guéri, soulagé de ses souffrances qu’elles soient physiques, psychologiques, spirituelles ou affectives. Mais chacun vient aussi parce qu’il sait que la Vierge est une Mère pleine de compassion et ce qui lui donne une telle compassion, c’est le fait d’avoir, elle-même, tant souffert.
Quand on souffre, on a aussi et peut-être surtout besoin de compassion. Cet été, pendant mes vacances, j’ai lu un très très beau livre, il s’appelle « consolation », je vous le recommande ! Il a été écrit par une maman dont vous avez peut-être entendu le nom, Anne-Dauphine Julliand, qui a eu la douleur de perdre deux filles d’une maladie génétique et qui après cela a connu une autre grande douleur, celle de perdre son fils ainé, qui submergé par la douleur d’avoir perdu ses sœurs s’est suicidé. Dans ce livre qui m’a tellement touché, en pensant à notre temps de prière de guérison, j’ai souligné une phrase que je vous partage.
Elle cite Mère Térésa qui disait : « La plus grande souffrance, c’est d’être seul, de ne pas se sentir aimé, de n’avoir personne. » Et elle cite aussi Malraux qui confirmait cette parole en disant : « La pire souffrance est dans la solitude qui l’accompagne. » Ici à Laghet, comme dans tous les sanctuaires mariaux, nous savons que la présence bienveillante de la Maman du ciel va briser notre solitude. Elle qui a tant souffert, elle nous comprend et elle nous serre contre son cœur. C’est bien cette certitude de foi qui conduit tant de pèlerins à venir ici. C’est bien cette certitude de foi qui nous pousse à proposer ces temps de prière de guérison. Si tous ceux qui y participent ne repartent pas guéris, la Maman du ciel aura pris soin de chacun, apportant à chacun la consolation qui lui permettra de continuer le chemin.
Oh Notre Dame de Laghet, j’unis ma prière à tous ceux qui sont venus ce matin ; nous t’en supplions : que nul ne reparte comme il est venu, que chacun reçoive la guérison profonde du cœur qu’apporte ta consolation et que des merveilles s’accomplissent encore aujourd’hui comme il s’en accomplit dans ce sanctuaire depuis 1652.



