23 novembre : Fête du Christ Roi : Jésus est le Roi de Coeur !
Les romains n’aimaient pas les juifs, remarquez ces derniers le leur rendaient bien ! Mais ils ne se détestaient pas pour les mêmes raisons. Les juifs n’aimaient pas les Romains, évidemment parce qu’ils étaient les envahisseurs. Au temps de l’occupation allemande, il y avait peu de Français qui admiraient et souhaitaient du bien aux nazis présents sur notre territoire ! Les romains, eux, ils n’aimaient pas les juifs parce qu’ils les voyaient comme des rustres, ils considéraient que ce peuple n’était pas très développé. C’est vrai que, eux, les Romains, ils brillaient par leurs prouesses architecturales, par leur ingéniosité : la réalisation bluffante des aqueducs en est un billant exemple. Et puis ils considéraient que la religion de ce peuple de primaires lui ressemblait bien : un seul Dieu, quelle pauvreté par rapport à eux qui avaient tant de divinités.
Alors, les Romains ne manquaient jamais une occasion de les humilier et la condamnation de Jésus s’était présentée comme une nouvelle occasion de leur infliger une belle humiliation. C’est ainsi qu’ils avaient fait clouer au-dessus de la croix cette inscription humiliante : Jésus de Nazareth, Roi des juifs résumée dans les fameuses 4 lettres qui interrogent tant les enfants quand ils regardent un crucifix : I.N.R.I. : pour Iesus Nazarenus, Rex Iudæorum. Humiliation réussie parce que lorsqu’on voyait l’état de celui qui était cloué sur la croix, on pouvait légitimement penser que, si cet homme sans plus aucune apparence humaine, était le roi des juifs, alors, ce peuple des juifs ne valait vraiment pas grand-chose ! César, c’était quand même autre chose ! Oui, mais en écrivant ce panneau par dérision, pour se moquer, les Romains avaient, en fait, révélé l’une des plus grandes vérités théologiques. Car, c’est bien vrai cet homme défiguré, cloué au bois du supplice est bien le Roi des Juifs. Le Saint-Esprit est tellement puissant qu’il est capable de se servir les pires ennemis de la foi pour proclamer des vérités essentielles de la foi.
Ce fut déjà le cas avec Caïphe, le grand prêtre qui n’était pas particulièrement un ami de Jésus ; eh bien, lui aussi, il avait déjà, bien involontairement, proféré une vérité essentielle de la foi. Après la mort de Lazare, voyant le succès de Jésus, les autorités juives décident de le mettre à mort, ils ne le supportent plus et ils ont peur que, devant les foules qu’il déplace, les Romains lancent une opération qui aboutirait à un bain de sang généralisé. C’est dans ce contexte que Caïphe va dire : il est avantageux pour vous qu’un seul homme meure pour le peuple. Jn 11,50. St Jean a eu bien raison de rajouter : Ce qu’il disait, là, ne venait pas de lui-même ; mais, étant grand prêtre cette année-là, il prophétisa que Jésus allait mourir pour la nation. Au départ dans l’esprit de Caïphe c’était une stratégie pour éliminer Jésus et préserver le peuple juif. Mais, grâce au Saint-Esprit, cela devient une parole prophétique.
Eh bien, avec l’écriteau au-dessus de la croix, c’est exactement la même chose : les Romains ont proclamé une vérité à la face du monde et pour la suite des temps. En effet, partout où il y a un crucifix, on peut désormais lire cette inscription : Jésus est Roi ! Et il ne reste plus, pour celui qui lit, à rajouter : Jésus est MON Roi. Car c’est bien vrai, Jésus est Roi et il se propose à nous pour que chacun puisse dire : tu es mon Roi. Il était donc normal que cette fête du Christ-Roi nous tourne vers la croix qui est le trône qui révèle au mieux la royauté de Jésus. Vraiment, il est vraiment trop fort notre Saint-Esprit pour réussir de tels coups : faire proclamer des vérités essentielles par les ennemis de la vérité !
Bien sûr, les Romains n’avaient aucune idée de la pertinence de ce qu’ils avaient écrit, mais c’est pour tant la vérité : cet homme cloué au bois du supplice est vraiment Roi. Et, parmi tous les rois, il est le sul à véritablement mériter ce titre : le Roi de cœur, c’est lui, Jésus ! Sur la croix, ses mains et ses pieds sont cloués, en apparence, il ne peut plus rien faire, mais il a encore des oreilles et un cœur. S’il n’avait pas ouvert ses oreilles aux moqueries de l’un des deux bandits, crucifié à ses côtés, et qui cherchaient encore à faire le malin, il a entendu l’autre qui s’insurgeait, reconnaissait sa culpabilité et surtout qui, du fond de son cœur a crié : Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume.
Et alors, la réaction de Jésus est royale : Amen, je te le dis : aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. N’écoutant que son cœur, il ouvre le paradis à ce converti de si fraiche date qui n’aura eu que quelques minutes de vie en état de grâce. Quand je vous disais qu’il était le seul à mériter le titre de Roi de cœur ! Et, nous le savons, comme le dit ma lettre aux Hébreux, Jésus est le même aujourd’hui qu’hier et il le sera à jamais. C’est à dire que ce qu’il a fait, il y a 2000 ans, pour le bon larron de la croix, il veut et il peut le faire pour chacun de nous si nous osons frapper à la porte du cœur de notre Roi. Puisqu’il est le Roi de cœur, ayons cette audace de lui demander d’ouvrir pour nous les partes de son Royaume alors que nous ne le méritons pas. La suite de l’histoire de Jésus sur la croix nous invite à cette audace.
En effet, quelques instants après sa mort, quand la lance va le transpercer, son cœur va s’ouvrir et laissera couler des torrents d’amour pour que tous les hommes, qui se tournent vers lui, puissent faire la même expérience de miséricorde que le larron converti. Oui, c’est bien lui, le Roi de cœur. Dès lors, on comprend pourquoi cette solennité dont nous fêtons le centième anniversaire a été finalement placée au dernier dimanche de l’année liturgique. De fait, la semaine prochaine, ça sera le 1° dimanche de l’Avent et donc le 1° dimanche de la nouvelle année liturgique. C’est vraiment à un sommet que nous sommes conviés en ce dernier dimanche qui nous branche sur le cœur infiniment miséricordieux de Jésus notre Roi, le Roi de cœur. Si vous ne l’avez encore pas fait, je vous conseille vivement de voir le film « Sacré-Cœur » qui est plus un documentaire qu’un film. C’est tellement beau, tellement fort de découvrir que notre Roi de cœur peut encore transformer tant de vie, même pour des personnes très loin de la foi.
En ce dimanche demandons, par l’intercession de Notre Dame de Laghet, cette grâce de nous tourner vers notre Roi de cœur pour lui demander de rendre nos cœurs semblables au sien, demandons-lui aussi de réveiller l’amour dans tous les cœurs éteints ou en train de s’éteindre.



