Chemin de croix dans le vallon
Chemin de croix – Vendredi Saint 2026
« Frères et sœurs, pèlerins de notre sanctuaire de Laghet sur lequel veille la Vierge Marie, Mère de Miséricorde, nous voici réunis pour suivre les pas de notre Sauveur sur le chemin de sa Passion. Ce chemin n’est pas une marche funèbre ; nous n’allons pas nous mettre en route comme on le fait en suivant un fourgon mortuaire ! En effet, Jésus a dit : ma vie, nul ne la prend, c’est moi qui la donne. Et, c’est de cette vie donnée, offerte jusqu’à la dernière goutte de sang, que jaillit la Vie, cette Vie sur laquelle la mort n’aura plus de prise. Ce chemin de croix, en cette année où nous cheminons plus particulièrement sous le signe de la miséricorde, nous le vivrons donc comme un véritable parcours de Miséricorde. Notre marche à la suite de Jésus nous permettra de mettre nos pas dans les pas de Jésus et c’est ainsi que cette marche deviendra une démarche nous permettant de contempler jusqu’où est allée la miséricorde du Seigneur. Dans chaque station, dans chaque chute, dans chaque blessure de Jésus, nous contemplerons l’Amour miséricordieux qui vient épouser notre misère. Nous serons invités à puiser ensemble à la source du Cœur ouvert du Seigneur d’où jaillissent les flots de la miséricorde qui inondent les cœurs qui s’approchent de lui et qui s’ouvrent en toute humilité et confiance. Pour chaque station, nous lirons un texte de l’Ecriture qui sera suivi d’une méditation que je ferai, conclue par une prière à laquelle vous serez invités à participer. Un chant nous accompagnera ensuite jusqu’à la prochaine station.
Unissons nos cœurs dans une même prière :
Seigneur Jésus, Fils bien-aimé du Père miséricordieux, par Ta Passion, Tu as révélé au monde le vrai visage du Père. Accorde-nous, durant ce Chemin de Croix, d’être touchés au plus intime de nous-mêmes par la puissance de Ton amour oblatif, de Ta patience et de Ton pardon. Que chaque pas que nous ferons, en mettant nos pas dans tes pas, nous configure davantage à Toi qui as traversé la mort et qui règnes pour les siècles des siècles.
1° station : Jésus est condamné à mort
Chant : Nous t’adorons Ô Christ, nous te bénissons. Tu as racheté le monde par Croix.
De l’Evangile selon Saint Matthieu :
On fit comparaître Jésus devant Pilate, le gouverneur, qui l’interrogea : « Es-tu le roi des Juifs ? » Jésus déclara : « C’est toi-même qui le dis. » Mais, tandis que les grands prêtres et les anciens l’accusaient, il ne répondit rien. Alors Pilate lui dit : « Tu n’entends pas tous les témoignages portés contre toi ? » Mais Jésus ne lui répondit plus un mot, si bien que le gouverneur fut très étonné. Or, à chaque fête, celui-ci avait coutume de relâcher un prisonnier, celui que la foule demandait. Il y avait alors un prisonnier bien connu, nommé Barabbas. Les foules s’étant donc rassemblées, Pilate leur dit : « Qui voulez-vous que je vous relâche : Barabbas ? ou Jésus, appelé le Christ ? » … Les grands prêtres et les anciens poussèrent les foules à réclamer Barabbas et à faire périr Jésus. Le gouverneur reprit : « Lequel des deux voulez-vous que je vous relâche ? » Ils répondirent : « Barabbas ! » Pilate leur dit : « Que ferai-je donc de Jésus appelé le Christ ? » Ils répondirent tous : « Qu’il soit crucifié ! » Pilate demanda : « Quel mal a-t-il donc fait ? » Ils criaient encore plus fort : « Qu’il soit crucifié ! » Pilate, voyant que ses efforts ne servaient à rien, sinon à augmenter le tumulte, prit de l’eau et se lava les mains devant la foule, en disant : « Je suis innocent du sang de cet homme : cela vous regarde ! » Tout le peuple répondit : « Son sang, qu’il soit sur nous et sur nos enfants ! » Alors, il leur relâcha Barabbas ; quant à Jésus, il le fit flageller, et il le livra pour qu’il soit crucifié.
Méditation par le célébrant : Dans ce passage d’Evangile la condamnation de Jésus nous est présentée de manière terrible. En effet, nous savons que le nom de Barabbas signifie fils du père. Ce sont donc deux fils du père que Pilate présente à la foule : le fils du Père du ciel, Jésus et le fils du père des ténèbres, Barabbas. Et contre toute attente, ce n’est pas le fils du Père du ciel qui est choisi. Quant à celui qui juge et qui est conscient de l’injustice, par peur, il s’en lave les mains. Quel drame ! L’innocent est rejeté, le coupable libéré.
Saint Jean-Paul II dira de manière très forte que « la limite imposée au mal, c’est la Miséricorde divine ». Et, de fait, nous voyons la miséricorde se dévoiler : Jésus prend la place du pécheur. En acceptant ce verdict si injuste, Jésus ne subit pas la fatalité ; il absorbe la violence du monde pour ne pas la lui renvoyer. Par miséricorde, Jésus acceptera d’être déconsidéré pour que plus personne, aucun condamné de la terre, ne se sente jamais seul dans son jugement, même et surtout quand il est profondément injuste. Prions ensemble.
V : Aie compassion de nous, Seigneur.
R : Aie compassion de nous, Seigneur.
V : Toi qui n’es pas venu pour condamner, mais pour sauver.
R : Aie compassion de nous, Seigneur.
V : Toi qui as donné ta vie pour tes amis (pour moi, pour nous).
R : Aie compassion de nous, Seigneur.
V : Toi, la Victime innocente pour nos péchés.
R : Aie compassion de nous, Seigneur.
Célébrant : Ô Père d’infinie miséricorde, Tu as tant aimé le monde ; tu l’as aimé jusqu’à donner pour nous ton Fils Unique. Permets-nous de mesurer la gravité de nos compromissions avec le mal qui nous éloignent de toi. Donne-nous de désirer vivre, avec ta grâce, toutes les exigences de l’amour pour devenir des témoins lumineux dans un monde trop souvent marqué par les ténèbres. Par Jésus le Christ Notre Seigneur. Amen !
2° station : Jésus est chargé de sa Croix
V : Nous t’adorons Ô Christ, nous te bénissons. R : Tu as racheté le monde par Croix.
De l’Evangile selon Saint Jean :
Pilate fit saisir Jésus pour qu’il soit flagellé. Les soldats tressèrent avec des épines une couronne qu’ils lui posèrent sur la tête ; puis ils le revêtirent d’un manteau pourpre. Ils s’avançaient vers lui et ils disaient : « Salut à toi, roi des Juifs ! » Et ils le giflaient. Pilate, de nouveau, sortit dehors et leur dit : « Voyez, je vous l’amène dehors pour que vous sachiez que je ne trouve en lui aucun motif de condamnation. » Jésus donc sortit dehors, portant la couronne d’épines et le manteau pourpre. Et Pilate leur déclara : « Voici l’homme. » … Alors, Pilate leur livra Jésus pour qu’il soit crucifié. Ils se saisirent de Jésus. Et lui-même, portant sa croix, sortit en direction du lieu-dit Le Crâne (ou Calvaire), qui se dit en hébreu Golgotha.
Méditation par le célébrant : Ce moment tragique où Jésus est chargé de sa croix a dû être vécu de manière très différente en fonction de ceux qui étaient témoins de la scène. Les quelques amis qui se trouvaient encore présents et particulièrement la Vierge Marie, ont dû frémir quand cette horrible et lourde poutre de bois a été chargée sur son épaule déjà bien abîmée par la flagellation. Ceux qui se moquaient de lui, ceux qui l’avaient condamné devaient se réjouir de le voir en si mauvaise posture, pronostiquant le moment où, fatalement, il s’écroulerait, moment qui prouverait la supercherie : il n’est pas celui qu’il prétendait être. Et lui, Jésus, comment a-t-il vécu ce moment ? Sûrement avec des sentiments mêlés, humainement, elle devait lui faire peur cette croix, tant elle était lourde. Et, en même temps, certains textes de la tradition nous disent que Jésus a dû l’embrasser quand il l’a empoignée pour la mettre sur ses épaules. Pour Jésus, se charger de la croix, c’était donc l’acte par lequel il acceptait de prendre sur lui l’énorme « sac des péchés » de l’humanité. Il ne regardait donc pas d’abord la croix comme un fardeau, mais comme le moyen de notre salut. La miséricorde est manifestée de manière tellement forte en ce moment où Dieu, en Jésus, vient porter le péché qui nous écrase. Prions ensemble.
V : Aie pitié de nous, Jésus.
R : Aie pitié de nous, Jésus.
V : Cœur de Jésus, méprisé et humilié.
R : Aie pitié de nous, Jésus.
V : Coeur de Jésus, blessé par nos péchés.
R : Aie pitié de nous, Jésus.
V : Cœur de Jésus, patient et miséricordieux.
R : Aie pitié de nous, Jésus.
Célébrant : Père de toute miséricorde, Le Christ, Ton Fils, a souffert pour nous, et nous a laissé un exemple : celui de l’amour qui porte tout jusqu’au bout. Donne-nous la force de porter notre propre croix, chaque jour, par amour, et de soulager nos frères qui portent une croix trop lourde. Avec ta grâce, nous voulons suivre avec fidélité notre Sauveur. Lui qui vit et règne pour les siècles des siècles. Amen.
3° station : Jésus tombe pour la 1° fois sous la Croix
V : Nous t’adorons Ô Christ, nous te bénissons. R : Tu as racheté le monde par Croix.
Du prophète Isaïe : (Is 53, 4-6)
« Pourtant, c’étaient nos souffrances qu’il portait, nos douleurs dont il était chargé. Et nous, nous pensions qu’il était châtié, frappé par Dieu, humilié. Or, c’est à cause de nos fautes qu’il a été transpercé, c’est par nos péchés qu’il a été broyé. Le châtiment qui nous obtient la paix est tombé sur lui, et c’est par ses blessures que nous sommes guéris. Nous étions tous errants comme des brebis, chacun suivait son propre chemin. Mais le Seigneur a fait retomber sur lui nos fautes à nous tous »
Méditation par le célébrant : Courageusement, Jésus s’est mis en route, chaque pas devenant un véritable acte d’amour. Mais voilà que très vite, il tombe, écrasé par le poids de cette croix sur ce chemin où les pierres disjointes ne devaient pas faciliter sa progression. Alors, Jésus tombe et son corps s’abime encore un peu plus. Certes, c’est la faiblesse qui le fait tomber, mais lui, il transforme cette chute en un acte qui manifeste sa fraternité, sa solidarité avec tous les hommes qui tombent, écrasés par des épreuves, par des injustices. En tombant, Jésus rejoint notre condition humaine dans ce qu’elle a de plus fragile. St Jean-Paul II, commentant cette chute dira : « Sous le poids de la croix, le Christ tombe, mais son amour ne tombe jamais. » Comme il a raison ! La chute nous dit que la miséricorde ne nous regarde pas de haut, depuis un trône lointain, mais qu’elle est à genoux avec nous dans la poussière. Jésus tombe pour que nos chutes ne nous enferment plus dans une honte qui nous empêche de tendre la main vers lui afin qu’il nous relève. Prions ensemble.
V : Pardonne-nous, Seigneur.
R : Pardonne-nous, Seigneur.
V : De nos chutes dans le péché.
R : Pardonne-nous, Seigneur.
V : De nos manques d’amour et de charité.
R : Pardonne-nous, Seigneur.
V : De nos faiblesses et de nos impuretés.
R : Pardonne-nous, Seigneur.
V : Pour nos négligences dans nos responsabilités et devoirs.
R : Pardonne-nous, Seigneur.
Célébrant : Père infiniment miséricordieux, dans ce monde où la réussite est vantée et où l’échec est insupportable, où le fort pense qu’il vaut mieux que le faible, où le riche laisse de côté le pauvre, donne-nous ton regard de bonté et ton cœur de compassion pour aller au-devant de tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre, tombent sur le chemin de leur vie. Que nous puissions les aider à t’ouvrir leur cœur, toi qui veux et peux leur relèvement. Par Jésus-Christ, notre Seigneur.
4° station : Jésus rencontre la Vierge Marie, sa Mère.
V : Nous t’adorons Ô Christ, nous te bénissons. R : Tu as racheté le monde par Croix.
De l’Evangile selon St Luc : (Lc 2, 34.35.51)
« Syméon dit à Marie sa mère : « Vois, ton fils qui est là provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de division. Et toi-même, ton cœur sera transpercé par une épée … » Sa mère gardait dans son cœur tous ces événements »
Méditation par le célébrant : Présente à Jérusalem, Marie a tout vu des événements qui se sont déroulés. Comme elle a dû souffrir d’entendre cette foule crier « crucifie-le » alors que quelques jours plus tôt, une foule sans doute composée en grande partie des mêmes personnes, l’acclamaient en criant : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Enfin Jésus était reconnu mais ça n’a pas duré longtemps ! Manipulée par les dirigeants qui étaient prêts à tout pour supprimer Jésus, la foule a été retournée et Marie a tout vu, tout entendu. De loin, elle a assisté à la flagellation et vu le moment où Jésus a été ridiculisé par ce scénario grotesque du manteau de pourpre jeté sur ses épaules et de la couronne d’épines enfoncée dans sa chair. De loin encore, elle a souffert quand la croix est venue reposer sur ses épaules abimées. De loin, elle a vu cette chute, entendant le bruit de la croix retombant sur son Jésus et le meurtrissant un peu plus. Mais elle n’en pouvait plus de voir tout de loin, alors Marie guettait le moment où elle pourrait enfin manifester sa présence à son Jésus. Et voilà que l’occasion se présente au détour du chemin. Forçant le passage devant les gardes qui devaient chercher à l’en empêcher, elle cherche, l’espace d’un court instant, à prendre Jésus dans ses bras pour lui manifester son amour. Peut-être, le cœur brisé par tout ce qu’elle voyait et entendait, a-t-elle trouvé le courage de lui murmurer à l’oreille des paroles d’encouragement pour qu’il puisse aller jusqu’au bout du don de lui-même et sauver tous ceux que le Père lui avait confiés, sachant que parmi eux, il y avait ceux qui l’avaient condamné et qui le faisaient tant souffrir. Sur le chemin, en cet instant, la miséricorde a les traits d’une mère à qui l’on donnera justement le si beau titre de Mère de la Miséricorde. St Jean-Paul II commentant cette rencontre disait : « La rencontre du Fils et de la Mère est une rencontre de deux cœurs qui souffrent. Marie partage intérieurement la passion de son Fils ; elle y consent dans la foi, gardant fidèlement l’union avec lui jusqu’à la croix. » Prions ensemble.
V : Prie pour nous, Marie.
R : Prie pour nous, Marie.
V : Pour que nous restions fidèles à Jésus, ton Fils.
R : Prie pour nous, Marie.
V : Pour que nous sachions partager les souffrances de nos prochains. Que nous soyons capables de compassion.
R : Prie pour nous, Marie.
V : Pour que, par nos actes et en vérité, nous fassions grandir l’amour et la charité.
R : Prie pour nous, Marie.
Célébrant : Ô Père, dont le cœur est infiniment miséricordieux, Tu as voulu associer la Vierge Marie à la Passion de ton Fils Unique, ce Fils que tu lui avais confié. Nous te confions toutes les mères devant assister à la passion de leurs enfants. Donne-leur, par l’intercession de la Vierge Marie, la force de pouvoir les accompagner jusqu’au bout dans l’amour et l’espérance. Par Jésus le Christ, Notre Seigneur.
5° station : Jésus est aidé par Simon de Cyrène
V : Nous t’adorons Ô Christ, nous te bénissons.
R : Tu as racheté le monde par Croix.
De l’Evangile selon St Marc : (Mc 15, 21-22)
« Ils réquisitionnèrent, pour porter la croix, un passant, Simon de Cyrène, le père d’Alexandre et de Rufus, qui revenait des champs. Et ils amenèrent Jésus à l’endroit appelé Golgotha, c’est-à-dire : Lieu-du-Crâne, ou Calvaire »
Méditation par le célébrant : Ce Simon de Cyrène, il nous est dit qu’il était le père d’Alexandre et Rufus, deux noms qu’on ne retrouvera jamais ailleurs dans les Ecritures, ni dans la suite de l’histoire de l’Eglise. Pourquoi donc St Marc a-t-il voulu donner cette précision ? Ce qui l’intéressait, ce n’était pas le nom des fils, mais il donne leur nom quand même parce qu’il veut préciser que Simon était un père. Dans toute la passion, Dieu reste silencieux, un silence difficile à comprendre. A travers Simon qui est père, St Marc ne veut-il pas faire un clin Dieu, comme on dit ? A travers ce père qu’est Simon, c’est le Père du ciel qui se fait proche, accompagnant son Fils comme il le peut. A ce moment du chemin, la miséricorde a le visage de cet homme réquisitionné, certes, mais donnant le meilleur de lui-même. Cet homme, dont l’identité de père nous est révélée, devient l’annonce prophétique de l’engagement du Père du ciel à envoyer une multitude de Simon de Cyrène, invités à rejoindre ceux qui, sans l’aide d’un frère, reflet du visage du Père, ne pourraient plus avancer dans leur vie quand elle ressemble à un chemin de croix. Commentant cette 5° station, Benoit XVI avait dit : « Le fait que Simon de Cyrène aide Jésus à porter la croix signifie que Jésus a besoin de notre aide. Le Fils de Dieu, qui porte le poids du monde, veut que nous participions à son œuvre. Il veut que nous portions avec lui le fardeau des autres. » Prions ensemble.
V : Dans les difficultés et les luttes pour être bons.
R : Ô Jésus, aide-nous à porter ta Croix.
V : Quand nous sommes submergés par la solitude.
R : Ô Jésus, aide-nous à porter ta Croix.
V : Quand nous voyons les autres en difficulté et que nous sommes tentés de les ignorer
R : Ô Jésus, aide-nous à porter ta Croix.
V : Pour que nous soyons tes collaborateurs courageux pour annoncer ton Évangile.
R : Ô Jésus, aide-nous à porter ta Croix.
Célébrant : Père des miséricordes, donne-nous de porter avec courage et confiance les croix que les épreuves de la vie nous obligent à porter. Permets-nous de les porter sans jamais oublier que ton Fils a lui-même porté sa croix pour nous, à cause de nous. Permets aussi que nous soyons des Simon de Cyrène pour nos frères, ce qui leur permettra ainsi de découvcrir ta miséricorde. Par Jésus, le Christ, Notre Seigneur. Amen.
6° station : Jésus rencontre Véronique qui essuie son visage.
V : Nous t’adorons Ô Christ, nous te bénissons. R : Tu as racheté le monde par Croix.
Du prophète Isaïe : (Is 53, 2-4)
Le serviteur du Seigneur a poussé comme une plante chétive, une racine dans une terre aride ; il était sans apparence ni beauté qui attire nos regards, son aspect n’avait rien pour nous plaire. Méprisé, abandonné des hommes, homme de douleurs, familier de la souffrance, il était pareil à celui devant qui on se voile la face ; et nous l’avons méprisé, compté pour rien. En fait, c’étaient nos souffrances qu’il portait, nos douleurs dont il était chargé. Et nous, nous pensions qu’il était frappé, meurtri par Dieu, humilié.
Méditation par le célébrant : Véronique, a su poser un regard de foi sur le visage de Jésus, visage pourtant ensanglanté, tellement souffrant qu’il en devenait repoussant. Peut-être que ces versets du prophète Isaïe sont remontés à sa mémoire parce que c’est bien vrai, en ce moment, le visage de Jésus était sans apparence ni beauté qui pouvait attire les regards, son aspect n’avait rien pour plaire. Il était méprisé, abandonné des hommes, homme de douleurs, familier de la souffrance, il devenait celui devant qui on se voile la face tant il finissait par faire peur. Dans son cœur, ce cœur habité par la Parole d’Isaïe, Véronique ressent un appel impérieux à rejoindre Jésus. Certes, il y a les gardes qui repoussent violemment ceux qui tentent de s’approcher, mais elle est prête à tout pour apporter, comme Marie, quelques secondes de réconfort à Jésus. Elle veut qu’il puisse croiser le regard de quelqu’un qui l’aime et elle veut imprimer le regard de Jésus dans son cœur pour ne plus jamais l’oublier car, à travers des yeux tuméfiés, du regard de Jésus se dégageait un amour comme jamais encore il n’avait pu s’exprimer. Véronique voulait donc imprimer définitivement ce regard dans son cœur, mais Jésus va aller bien au-delà de son désir. En effet, sur le linge avec lequel Véronique essuie, avec tant de tendresse, le visage souffrant de Jésus, c’est tout le visage qui restera définitivement imprimé. Quelle manifestation étonnante de la Miséricorde : parce que Jésus a été touché par le regard et le geste si miséricordieux de Véronique, par pure miséricorde, il acceptera que son visage reste imprimé et porté à la contemplation de ceux qui auront besoin de plonger leur regard dans la Miséricorde. Prions ensemble.
V : Nous voulons te consoler, Seigneur !
R : Nous voulons te consoler, Seigneur !
V : De l’indifférence et du mépris de tant de personnes.
R : Nous voulons te consoler, Seigneur !
V : Des blasphèmes et des offenses.
R : Nous voulons te consoler, Seigneur !
V : De ton visage dévasté visible dans les pauvres et les opprimés.
R : Nous voulons te consoler, Seigneur !
V : De ton visage défiguré en nous pécheurs.
R : Nous voulons te consoler, Seigneur !
Célébrant : Jésus, Toi dont le cœur est à l’image du cœur miséricordieux du Père, ne nous cache pas ton visage et donne-nous assez de foi pour être capables de le reconnaitre dans nos frères défigurés. A l’image de Véronique, inspire-nous la vraie compassion pour servir nos frères sans chercher d’autre récompense que celle de te servir, toi qui as épousé leur cause. Par Jésus le Christ, Notre Seigneur. Amen.
7° station : Jésus tombe pour la 2° fois sous le poids de la Croix
V : Nous t’adorons Ô Christ, nous te bénissons. R : Tu as racheté le monde par Croix.
De la lettre aux Hébreux (Hb 5, 7-10)
Pendant les jours de sa vie dans la chair, il offrit, avec un grand cri et dans les larmes, des prières et des supplications à Dieu qui pouvait le sauver de la mort, et il fut exaucé en raison de son grand respect. Bien qu’il soit le Fils, il apprit par ses souffrances l’obéissance et, conduit à sa perfection, il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent la cause du salut éternel, car Dieu l’a proclamé grand prêtre de l’ordre de Melkisédek.
Méditation par le célébrant : En voyant Jésus tomber pour la 2° fois, il est important de nous redire que Dieu n’a pas voulu toutes ces souffrances et encore moins que c’est lui qui les aurait infligées à Jésus comme prix de notre Salut. Si Jésus souffre tant, c’est parce que ses bourreaux l’ont décidé ainsi. Le faire mourir en le crucifiant ne leur suffisait pas, ils ont imaginé ce supplice horrible, après tous les autres : obliger Jésus à porter sa croix jusqu’au Golgotha. Ce supplice n’a pas été infligé aux deux malfaiteurs qui seront crucifiés avec lui.
Sur ce chemin, Jésus n’en peut plus et nous le voyons tomber douloureusement une 2° fois, à bout de force. La 1° chute nous brisait le cœur et la rechute nous arrache des larmes. Cette rechute, Jésus l’a sûrement vécue en communion avec tous ceux qui connaissent des rechutes. Tomber dans le péché, dans une addiction, c’est déjà humiliant mais retomber, rechuter, ça peut être désespérant. Dans sa 2° chute qui est une rechute, Jésus a voulu porter dans son cœur tous ceux qui connaissent ces humiliations allant de chute en rechute. Quelle manifestation de la miséricorde de la part de Jésus, le Fils de Dieu. Il aurait pu désespérer des hommes qu’il était venu sauver et qui, pour le remercier, lui infligent un tel supplice, mais il ne désespère pas, il aime encore et c’est ainsi qu’il trouve la force de se relever afin que la miséricorde puisse sortir vainqueur de ce sinistre scénario. Prions ensemble
V : Jésus, viens à notre aide.
R : Jésus, viens à notre aide.
V : Pour que nous ayons la force de lutter et de vaincre dans les tentations.
R : Jésus, viens à notre aide.
V : Pour que nous puissions nous relever quand nous avons péché.
R : Jésus, viens à notre aide.
V : Pour que nous puissions soutenir ceux qui sont sans espérance.
R : Jésus, viens à notre aide.
Célébrant : Père infiniment miséricordieux, dans son épreuve, ton Fils vient au secours de ceux qui sont éprouvés. Envoie auprès de tous ceux qui connaissent le désarroi et la solitude des frères emplis de compassion afin qu’ils puissent sentir, à leurs côtés, la présence du Christ. Donne-nous, aux heures de chute et de rechute, de lever les yeux vers Toi pour obtenir de ta miséricorde notre relèvement. Par Jésus-Christ, Notre Seigneur. Amen.
8° station : Jésus rencontre les femmes de Jérusalem.
V : Nous t’adorons Ô Christ, nous te bénissons. R : Tu as racheté le monde par Croix.
De l’Evangile selon St Luc : (Lc 23, 27-29)
Le peuple, en grande foule, le suivait, ainsi que des femmes qui se frappaient la poitrine et se lamentaient sur Jésus. Il se retourna et dit aux femmes : « Femmes de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi ! Pleurez sur vous-mêmes et sur vos enfants ! Voici venir des jours où l’on dira : “Heureuses les femmes stériles, celles qui n’ont pas enfanté, celles qui n’ont pas allaité !” Alors on dira aux montagnes : “Tombez sur nous”, et aux collines : “Cachez-nous”. Car si l’on traite ainsi l’arbre vert, que deviendra l’arbre sec ?»
Méditation par le célébrant : Ces paroles de Jésus à l’égard de ces femmes qui le suivent courageusement nous paraissent dures. Pourquoi cette attitude ? En fait, Jésus ne les repousse pas, mais il annonce que des jours difficiles vont venir pour tous ceux qui auront décidé de le suivre. Lui, il est armé pour faire face aux souffrances qu’il doit endurer, mais il craint que ceux qui devront souffrir pour lui et à cause de lui soient moins armés et ne viennent à tomber. Jésus pensait sûrement aux persécutions que subiront les chrétiens tout au long de l’histoire. Il prévient donc les femmes, et au-delà d’elles, tous les chrétiens de tous les temps que c’est à l’égard de ceux qui n’auront pas pu tenir jusqu’au bout qu’il faudra montrer de la miséricorde. Sans doute Jésus veut-il aussi nous inviter, au-delà du message donné à ces femmes, à ne pas en rester à la pitié. Car la miséricorde ne pourra jamais se réduire à un ensemble de bons sentiments, elle est charité vécue en actes. Et Jésus nous rappelle que le temps presse pour passer aux actes ! Prions ensemble.
V : Aie compassion de nous, Seigneur.
R : Aie compassion de nous, Seigneur.
V : De tous les hommes et les femmes pécheurs.
R : Aie compassion de nous, Seigneur.
V : Des malhonnêtes et ceux qui exploitent les autres.
R : Aie compassion de nous, Seigneur.
V : Des pauvres et des innocents.
R : Aie compassion de nous, Seigneur.
Célébrant : Père de toute miséricorde, à la demande de Jésus, nous voulons pleurer sur nous en te demandant la grâce d’être vrais avec nous-mêmes pour être vrais avec toi. Donne-nous de pleurer sur toutes les occasions ratées de manifester ta Charité à ceux qui en auraient eu pourtant tant besoin. Apprends-nous à ne jamais remettre à demain le bien que nous pourrions faire aujourd’hui. Par Jésus le Christ notre Seigneur.
9° station : Jésus tombe pour la 3° fois sous le poids de la Croix.
V : Nous t’adorons Ô Christ, nous te bénissons. R : Tu as racheté le monde par Croix.
Du livre des Lamentations : (Lm 3,25-32)
Il est bon d’espérer en silence le salut du Seigneur ; il est bon pour l’homme de porter le joug dès sa jeunesse. Qu’il reste assis, solitaire, en silence, tant que le Seigneur le lui impose ; qu’il tienne sa bouche contre terre : peut-être y a-t-il un espoir ! Qu’il tende la joue à qui le frappe, qu’il se laisse saturer d’insultes. Car le Seigneur ne rejette pas pour toujours ; s’il afflige, il fera miséricorde selon l’abondance de sa grâce.
Méditation par le célébrant : Jésus connait l’épreuve humaine dans ce qu’elle a de plus éprouvante qui est sa répétition lancinante : il est tombé une fois, puis une deuxième fois et encore une troisième fois, quand est-ce que ça va s’arrêter ? C’est ce que se demandent tous ceux qui sont accablés par des épreuves qui ne cessent de se rajouter. Avant qu’une difficulté ne puisse être réglée, une autre vient s’ajouter transformant la vie en véritable enfer. Dans ces conditions, comment croire encore que Dieu existe vraiment ? Cet enfer, Jésus l’a connu sur le chemin du Golgotha. Sans doute que lui et ceux qui le suivaient se sont demandé s’il pourrait se relever de cette 3° chute. Mais oui, il s’est relevé parce qu’il le fallait. Sa mission n’était pas finie, nous l’entendrons, il lui restait un bandit à sauver et il lui restait aussi à donner ce témoignage à toute l’humanité que rien n’est jamais vraiment perdu et fini tant qu’il reste de la vie à condition qu’on ne gaspille pas ce qui reste de vie. Alors, courageusement, il implore le Père pour que la force lui soit donnée de se relever afin que la Miséricorde puisse être donnée à tous ceux qui sont à terre, avec cette terrible impression d’être abandonnés de tous, de ne compter pour plus personne. Ô Jésus qu’elle est belle ta détermination et comme elle nous fait du bien quand nous serions tentés de jeter l’éponge. Suscite, ressuscite l’espérance dans tous les cœurs accablés. Ensemble prions.
V : Prends pitié de nous, Seigneur.
R : Prends pitié de nous, Seigneur.
V : De celui qui n’a pas la foi.
R : Prends pitié de nous, Seigneur.
V : De celui qui est trahi par ses amis.
R : Prends pitié de nous, Seigneur.
V : De celui qui est abandonné de tous.
R : Prends pitié de nous, Seigneur.
V : De celui qui souffre pour son combat pour un monde plus juste.
R : Prends pitié de nous, Seigneur.
V : De celui qui est persécuté à cause de sa foi.
R : Prends pitié de nous, Seigneur.
Célébrant : Père, dont le cœur est immensément miséricordieux : Jésus, parce qu’il est Fils à ton image, tout en buvant la coupe amère du rejet par les hommes, ne t’a jamais rejeté, ni rejeté ses frères. Il a connu l’endurcissement du cœur des hommes et pourtant, il a choisi de vivre la miséricorde jusqu’au bout, acceptant de descendre au plus bas pour sauver ceux qui étaient tombés si bas. Donne-nous de ne jamais désespérer, ni de nous, ni des autres même quand tout pourrait nous laisser croire qu’il n’y a pas d’espoir car, Toi, tu peux toujours ranimer l’espérance dans les cœurs qui s’ouvrent à Toi. Par Jésus le Christ notre Seigneur.
10° station : Jésus est dépouillé de ses vêtements.
V : Nous t’adorons Ô Christ, nous te bénissons. R : Tu as racheté le monde par Croix.
De l’Evangile selon St Jean : (Jn 19, 23-24)
« Les soldats prirent ses vêtements et firent quatre parts, une part pour chaque soldat, et la tunique. Or la tunique était sans couture, tissée d’une pièce à partir du haut ; ils se dirent donc entre eux : ‘Ne la déchirons pas, mais tirons au sort qui l’aura’ : afin que l’Ecriture fût accomplie : Ils se sont partagé mes habits, et mon vêtement, ils l’ont tiré au sort »
Méditation par le célébrant : Vraiment on peut dire que rien ne sera épargné à Jésus. Les soldats ont commencé par jouer avec lui en le déguisant en roi vaincu et en l’invectivant. Ils vont lui infliger encore une humiliation qui consiste, après l’avoir dépouillé de ses vêtements à l’exposer nu ou presque au regard de tous, humiliation terrible surtout dans l’état où est son corps. Et lui, il s’est laissé faire.
Certes, Jésus n’avait sans doute plus la force de réagir. Puisque Jésus est venu chercher et sauver ceux qui étaient perdus et il ira jusqu’au bout, descendra aussi bas qu’on le lui imposera. Et c’est ainsi qu’il accepte cet ultime dépouillement qui montre son corps décharné, torturé. Ce corps ressemble à ce que seront les corps de tous ceux qui subiront la torture et on peut penser particulièrement aux images montrant les corps de ceux qui étaient en camp de concentration. Mais ce corps, il ressemble aussi aux corps squelettiques de ceux qui, aujourd’hui encore, meurent victime de la faim dans la plus grande indifférence des nantis dont nous faisons partie. C’est l’humanité défigurée, malmenée, humanité de tous les temps, de tous les lieux que tu as voulu épouser dans toutes ces humiliations, Jésus. C’est pourquoi, ensemble nous te prions.
V : Pardonne-nous, Seigneur.
R : Pardonne-nous, Seigneur.
V : Pour notre manque de générosité.
R : Pardonne-nous, Seigneur.
V : Pour nos manques de pudeur, et nos abus.
R : Pardonne-nous, Seigneur.
V : Pour nos tentations d’immoralité dans les médias et en ligne.
R : Pardonne-nous, Seigneur.
V : Pour nos mauvais exemples et comportements.
R : Pardonne-nous, Seigneur.
Célébrant : Père de toute miséricorde, nous le croyons, ton Fils Jésus a vécu cette humiliation comme toutes les autres, c’est-à-dire en communion d’amour avec tous ceux que l’on méprise et qui ne cesse d’être humilié, harcelé. Le fait qu’il soit passé par là nous montre que rien ni personne ne pourra jamais nous enlever cette dignité reçue à notre baptême qui fait de nous tes enfants bien-aimés. Quand le regard des autres nous dévalorise, donne-nous de chercher ton regard qui restaure et relève. Par Jésus-Christ, notre Seigneur.
11° station : Jésus est cloué sur la Croix
V : Nous t’adorons Ô Christ, nous te bénissons. R : Tu as racheté le monde par Croix.
De l’Evangile selon St Jean : (Jn 19,17-22)
Arrivés au lieu-dit Le Crâne, ou Calvaire, qui se dit en hébreu Golgotha. Ils crucifièrent Jésus, et deux autres avec lui, un de chaque côté, et Jésus au milieu. Pilate avait rédigé un écriteau qu’il fit placer sur la croix ; il était écrit : « Jésus le Nazaréen, roi des Juifs. » Beaucoup de Juifs lurent cet écriteau, parce que l’endroit où l’on avait crucifié Jésus était proche de la ville, et que c’était écrit en hébreu, en latin et en grec. Alors les grands prêtres des Juifs dirent à Pilate : « N’écris pas : “Roi des Juifs” ; mais : “Cet homme a dit : Je suis le roi des Juifs”. » Pilate répondit : « Ce que j’ai écrit, je l’ai écrit. »
Méditation par le célébrant : Il faut essayer de se représenter la scène pour tenter de mesurer les souffrances endurées par Jésus. Le film, la passion de Mel Gibson peut nous y aider. Le condamné était allongé sur la croix qui était posée au sol et on lui clouait solidement les poignets et les pieds. Quelle douleur intense devait provoquer les coups de marteau enfonçant ces clous au milieu des os, sans compter que par maladresse ou sadisme, ceux qui tenaient le marteau pouvait rater le clou et donner de violents coups sur les mains et les pieds. Et quand la besogne était achevée, avec un système de cordes, la croix était élevée pour se loger dans le trou qui avait été préparé dans la roche. Quelle douleur encore bien plus vive que les précédentes quand la croix se redressait et finissait, sans ménagement, par prendre sa place dans le trou. Quand on pense que des personnes venaient pour assister à ce spectacle, nous en sommes complètement retournés.
Pourquoi a-t-il fallu que tu souffres autant Jésus alors que tu n’étais qu’amour ? C’est vraiment la plus grande injustice de tous les temps ? Pourquoi ? C’est la haine qui s’est déchainée. Mais pourquoi s’est-elle déchainée contre Toi ? Ce pourquoi, comme tant de nos pourquoi reste sans réponse car, Toi, Jésus, tu n’es pas venu pour expliquer l’inexplicable, tu l’as vécu pour que nul ne puisse penser qu’il est seul quand les épreuves et la souffrance injustes s’abattent sur lui. Pourquoi, la question n’aura jamais de réponse, mais il est une autre question que nous devons nous poser : pour qui as-tu accepté toutes ces souffrances ? Alors, là, la question trouve une réponse : pour moi ! Pour tous les hommes de tous les temps ! Nous avons le souffle coupé quand nous réalisons que tu as accepté de souffrir autant pour moi, Jésus ! Nous avons le souffle coupé quand nous réalisons que tu n’as jamais désespéré de tous ceux qui t’ont trahi et qui t’ont fait mourir. Nous avons le souffle coupé quand nous réalisons qu’aujourd’hui encore, tu ne désespères d’aucun être humain. Prions !
V : Dieu, Saint et Immortel, Aie pitié de nous !
R : Dieu, Saint et Immortel, Aie pitié de nous !
V : Ô mon peuple, quel mal t’ai-je fait ? Réponds-moi !
R : Dieu, Saint et Immortel, Aie pitié de nous !
V : Moi, je t’ai libéré du péché : et toi, tu as préparé la Croix de ton Sauveur.
R : Dieu, Saint et Immortel, Aie pitié de nous !
V : Je t’ai fait fils de Dieu par le baptême, et tu m’as trahi et livré à la mort.
R : Dieu, Saint et Immortel, Aie pitié de nous !
V : Moi, je t’ai nourri avec mon Corps et mon Sang, et tu m’as donné à boire de la myrrhe et du vinaigre.
R : Dieu, Saint et Immortel, Aie pitié de nous !
Célébrant : Père miséricordieux, fais-nous regarder ton Fils cloué sur la croix comme Toi, Tu as pu le regarder dans ce moment-là. Fais-nous comprendre le langage de la croix qui, comme le dit St Paul, est folie aux yeux du monde mais qui est, pour les croyants, l’expression la plus accomplie de la miséricorde. Que nous aussi, nous puissions, avec Paul, ne cesser de nous émerveiller en répétant : le Christ m’a aimé et il s’est livré pour moi lui qui ne cesse de nous aimer jusque dans les siècles des siècles.
12° station : Jésus meurt sur la Croix.
V : Nous t’adorons Ô Christ, nous te bénissons. R : Tu as racheté le monde par Croix.
De l’Evangile selon St Marc : (Mc 15, 33-34.37.39)
« Quand arriva l’heure de midi, il y eut des ténèbres sur toute la terre jusque vers trois heures. Et à trois heures, Jésus cria d’une voix forte : « Éloì, Éloì, lama sabactani ? », ce qui veut dire : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » … Alors, Jésus, poussant un grand cri, expira…Le centurion qui était là en face de Jésus, voyant comment il avait expiré, s’écria : « Vraiment, cet homme était le Fils de Dieu ! »
Méditation par le célébrant : Après un si long temps de souffrances et d’agonie, nous avons presque envie de dire : enfin, tu vas pouvoir mourir. Comme tous ceux qui n’en peuvent plus, cette mort, tu devais l’attendre, mais elle aura bien tardé à venir. Alors, de ce temps, tu n’as voulu en perdre aucune seconde ; comme tu as versé ton sang jusqu’à la dernière goutte, tu as voulu que la miséricorde, qui habitait ton cœur de Fils, soit répandue jusqu’à la dernière goutte. A midi, nous avons médité sur les 7 paroles que tu as prononcées sur la croix. Pour qu’elles puissent être audibles, tu as réuni toutes les forces qui te restaient encore car tu ne voulais qu’aucune de ces paroles, expression sublime de ta miséricorde ne puisse se perdre. Quand la dernière goutte de miséricorde est versée, alors, tout est accompli et tu peux mourir.
Les sentiments qui habitaient la poignée de fidèles qui t’entourait devait être très mêlés : soulagement de voir que tu ne souffrais plus et en même temps, immense chagrin en repensant justement à tout ce que tu avais souffert et, surtout, en n’osant pas imaginer ce que serait la vie sans toi. Le Fils de Dieu qui avait dit : je suis le chemin, la vérité et la vie est arrivé au bout de son chemin humain, il a donné sa vie, condamné par le mensonge mais faisant triompher la vérité de l’amour. Son corps inerte sur la croix nous interroge : et moi, si j’avais été à Jérusalem, ce jour-là, comment aurais-je réagi ? Ensemble prions.
V : Âme du Christ, accorde-moi le don de ta sainteté.
R : Âme du Christ, accorde-moi le don de ta sainteté.
V : Corps du Christ, apporte-moi le Salut.
R : Corps du Christ, apporte-moi le Salut.
V : Passion du Christ, rends-moi fort dans ma faiblesse.
R : Passion du Christ, rends-moi fort dans ma faiblesse.
V : Que je ne sois jamais séparé de toi.
R : Que je ne sois jamais séparé de toi.
V : Du mal qui m’attaque, défends-moi.
R : Du mal qui m’attaque, défends-moi.
Célébrant : Père, source de toute miséricorde, par ton Fils, avec Lui et en Lui, tous les hommes et toutes les femmes de tous les temps sont invités à remettre leur vie entre Tes mains pour que, par-delà la mort que nous traverserons tous, tu puisses nous conduire à la résurrection pour vivre avec Toi, à jamais dans la joie. Que l’Esprit-Saint vienne toujours plus enraciner cette foi en nos cœurs pour que nous puissions la partager avec toux ceux qui n’ont pas d’espérance. Par Jésus le Christ, notre Seigneur.
13° station : Jésus est descendu de la Croix.
V : Nous t’adorons Ô Christ, nous te bénissons. R : Tu as racheté le monde par Croix.
De l’Evangile selon St Marc : (Mc 15, 42-43.46)
Le soir était venu ; Joseph d’Arimathie, homme influent, membre du Conseil, qui attendait lui aussi le royaume de Dieu, ayant acheté un linceul, descendit le corps de Jésus de la croix.
Méditation par le célébrant : Ce Joseph d’Arimathie sur lequel nous ne savons quasiment rien va être là pour s’occuper du corps de Jésus. Les apôtres ont tous fait défection ou presque, il ne reste que Jean, bien occupé, sans doute, à soutenir Marie comme Jésus le lui avait demandé. Alors, c’est un laïc qui va faire ce qu’auraient dû faire les apôtres. Et il le fera avec une infinie délicatesse.
Il peut en être encore ainsi, aujourd’hui ; parfois des ministres de l’Eglise vont se révéler absents ou défaillants, alors, le Père du ciel, dans sa miséricorde, inspirera à des laïcs de manifester leur amour pour le Corps ecclésial du Christ quand il vient à être maltraité et ils le feront sans tambour ni trompette, juste par amour.
La délicatesse de Joseph d’Arimathie se manifeste aussi dans le fait qu’ayant descendu le corps de Jésus de la croix, il le remet dans les bras de Marie. Ça faisait bien longtemps que Marie n’avait pas pris son Jésus dans ses bras. Là, il lui est remis, sans vie, mais elle le prendra avec toujours autant d’amour pour mieux accepter de s’en séparer, et surtout pour accepter de veiller désormais sur le corps ecclésial que Jésus lui a confié avant de mourir. Ô Marie, prends dans tes bras tous ceux qui passent dans notre sanctuaire et qui implorent ton aide pour eux-mêmes ou l’un des leurs. Par Jésus le Christ, notre Seigneur.
V : Prends pitié, Seigneur.
R : Prends pitié, Seigneur.
V : De celui qui ne croit pas en la miséricorde
R : Prends pitié, Seigneur.
V : De celui qui ne croit pas en la vie éternelle
R : Prends pitié, Seigneur.
V : De celui qui ne croit pas en la résurrection des morts
R : Prends pitié, Seigneur.
V : De celui qui méprise la vie parce qu’il ne croit pas qu’elle soit promise à l’éternité
R : Prends pitié, Seigneur.
V : De tous ceux qui cherchent à abréger la vie ou à la supprimer
R : Prends pitié, Seigneur.
Célébrant : Père miséricordieux, tu as inspiré à ce laïc, homme pieux, Joseph d’Arimathie d’être là pour recueillir le corps de ton Fils et le déposer entre les bras de Marie. Nous te prions pour que chaque personne puisse être entourée, au moment de sa mort, par la douce bienveillance des membres de sa famille, de ses amis et des soignants et pour, qu’après la mort, des mains respectueuses puissent encore, à l’image de Joseph d’Arimathie prendre soin de son corps
14° station : Jésus est déposé au Tombeau.
V : Nous t’adorons Ô Christ, nous te bénissons. R : Tu as racheté le monde par Croix.
De l’Evangile selon St Marc : (Mc 15, 46-47)
Joseph d’Arimathie, ayant enveloppé le corps de Jésus dans un linceul, le déposa dans un sépulcre qui était creusé dans le roc. Puis il roula une pierre contre l’entrée du tombeau. Or Marie-Madeleine et Marie, mère de José, regardaient l’endroit où on l’avait mis »
Méditation par le célébrant : Selon la coutume, ce tombeau va être fermé par une lourde pierre, marquant la séparation infranchissable entre le monde des morts et celui des vivants. Quand cette lourde pierre est roulée, dans le cœur de ceux qui sont là, il n’y a plus que des souvenirs de ce qu’ils ont pu vivre avec Jésus. Dans leur cœur, il y a aussi une immense interrogation : et maintenant, comment les promesses de Dieu, dont Jésus était le dépositaire, vont-elles pouvoir s’accomplir ?
Dans le cœur de Marie, il y a aussi ces questions, mais il y a également cette parole de l’ange qu’elle avait reçue à l’Annonciation : rien n’est impossible à Dieu. Dans cette fin de journée du vendredi et tout le samedi, Marie a veillé dans la foi, la foi pure, celle qui ne peut plus se nourrir d’aucun signe, celle qui ne peut s’appuyer que sur la Parole de Dieu. Cette parole de l’ange, elle a dû la retourner des centaines de fois dans son cœur : « Rien n’est impossible à Dieu ». Et, de fait, rien ne sera impossible à Dieu. Avec toute l’Eglise, nous le chanterons dans la nuit de samedi à dimanche. Pour l’instant, restons ensemble, dans la foi, devant le tombeau fermé en implorant le Seigneur.
V : Aie pitié de nous Seigneur.
R : Aie pitié de nous.
V : Ô Père, source de toute consolation.
R : Aie pitié de nous.
V : Ô Père, Notre refuge et notre paix.
R : Aie pitié de nous.
V : Ô Père qui donne le Salut à tous ceux qui espèrent en Toi.
R : Aie pitié de nous.
V : Ô Père, à qui rien n’est impossible
R : Aie pitié de nous.
Célébrant : Père dont le cœur est infiniment miséricordieux, Tu es le Dieu des vivants et non pas le Dieu des morts, Toi seul peux faire renaître à la vie ceux qui se sont endormis dans la mort. Tu as fait connaître ton amour fidèle à ton Fils Jésus en le ressuscitant des morts, que ce même amour soit révélé à tous ceux qui ont fait, qui font et qui feront leur grand passage. Par Jésus le Christ, notre Seigneur.



