29 mars : Rameaux : D’où vient l’acclamation Hosanna ?

Par Père Roger Hébert

Vous avez entendu l’acclamation de la foule sur le passage de Jésus : Hosanna, Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Je pense que vous avez reconnu, ce que nous-mêmes nous chantons en plein cœur de la messe. Alors j’aimerais brièvement répondre à 3 questions : Pourquoi la foule a-t-elle acclamé Jésus avec ces mots ? Que signifie exactement Hosanna ? Et pourquoi la liturgie nous fait-elle reprendre ces mêmes mots dans la messe ?

Rien n’avait été programmé dans ce qui s’est passé à Jérusalem ce jour-là ! Jésus, qui savait très bien que ses jours étaient comptés, avait juste prévu d’entrer dans la ville, monté sur un âne. C’était un symbole très fort. En effet, lors de l’intronisation d’un roi, quand il entrait dans sa ville capitale, s’il entrait sur un cheval, il annonçait un règne guerrier, s’il entrait sur un âne, il annonçait un règne de paix. Inutile de préciser que l’immense majorité préférait le cheval à l’âne et, par conséquent, la guerre à la paix … hélas, nous le constatons, rien n’a vraiment changé !

Jésus, de manière très symbolique, entre donc sur un âne, ça c’était programmé, mais pas la suite ! Et voilà que, spontanément, la foule, qui a su lire le symbole, l’acclame comme un roi. Et, comme il n’y a pas de tapis rouge, ils en fabriquent un en étalant leurs vêtements sur son passage. Et, tout aussi spontanément, ils se mettent à l’acclamer en disant : Hosanna, Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Ça, c’est beaucoup plus étonnant !

Ces paroles, la foule ne les a pas inventées, elles sont un copier-coller de ce que la foule disait sur le passage du grand-prêtre, chaque année, au moment de la fête des tentes qui durait une semaine. Le dernier jour, le grand prêtre allait à la source de Siloé et il puisait un pichet qu’il portait en procession au Temple. A son arrivée, il arrosait l’autel en demandant au Seigneur une pluie de bénédictions pour son peuple. Et, c’est donc à ce moment-là, lorsque le grand prêtre allait de la source de Siloé au Temple, que la foule criait, en araméen : « Hocha Na » en rajoutant, là, je vous le dis en français : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur !

On peut dire que c’est le Saint-Esprit qui a directement suggéré à la foule qui acclamait Jésus de reprendre les paroles traditionnelles d’acclamation du grand-prêtre lors de la fête des Tentes. Mais que signifie « Hocha Na » qu’on a transcrit en hosanna ? « Hocha », ça signifie « sauve-nous » et « na », ça signifie, s’il te plait, de grâce. Donc, sur le passage du grand-prêtre les gens criaient vers Dieu en disant : « De grâce, sauve-nous ! » Alors, vous voyez tout de suite le lien avec les Rameaux. Quand la foule voit arriver Jésus, roi de paix, monté sur cet âne, le St Esprit suscite dans les cœurs de ces braves gens une manifestation de foi lumineuse. Il leur donne de reconnaitre en Jésus le vrai, l’unique grand prêtre qui, seul, peut faire pleuvoir sur l’humanité une pluie de bénédictions et apporter le Salut, il est bien celui qui vient au nom du Seigneur !

Du coup, vous comprenez pourquoi la liturgie nous fait reprendre cette acclamation, à chaque messe, juste avant la consécration, ce moment si solennel et mystérieux où Jésus se rend présent parmi nous. En chantant Hosanna, nous aussi nous supplions Jésus : Seigneur, de grâce, sauve-nous et accorde-nous une pluie de bénédictions. Nous complétons l’acclamation en chantant : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur, si la foule pouvait le dire pour le grand-prêtre, à combien plus forte raison, pouvons-nous le dire pour Jésus qui s’apprête à se rendre présent.

En participant à cette célébration des rameaux, peut-être qu’un certain nombre d’entre vous sont surtout venus chercher une palme, un rameau pour les mettre dans votre maison. Je demande à Notre Dame de Laghet qui a déjà fait tant et tant de miracles en implorant son Fils Jésus, d’en faire un nouveau ce matin pour vous. Que vous obteniez, que nous obtenions tous un renouvellement de notre foi. Tout à l’heure, quand nous chanterons Hosanna, Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur que nous puissions croire plus fermement que Jésus que nous accueillerons dans l’Eucharistie est bien celui qui vient au nom du Seigneur pour nous apporter une pluie de bénédictions. Qu’à chaque fois que nos yeux se poseront sur les rameaux que nous installerons dans nos maisons, nous puissions lui dire dans notre cœur : Hosanna, Jésus sauve-moi, comble-moi de ton amour pour que je puisse le rayonner dans notre monde qui en a tant besoin. Notre Dame de Laghet, obtiens ce nouveau et grand miracle pour nous, nous te le demandons avec foi.