Ce samedi du Carême juste avant le 5e dimanche était très animé dans notre sanctuaire. Dès le matin des groupes ont commencé à arriver avec des cars (150 enfants), des voitures : la pastorale des funérailles, et d’autres encore (groupe alfa de Toulon était déjà là dès la veille au soir). Il fallait que tout ce monde prenne place : sur l’esplanade, dans les salles… Pour la prière de guérison l’accueil s’est fait sur la place dans le soleil bien généreux du matin puis nous sommes passés directement à la chapelle.

Introduction : Mot d’accueil et sens de la célébration par le Père Roger Hebert, recteur.
Cet « envahissement » pacifique des enfants nous a donc obligés à commencer dans la chapelle et c’est finalement très bien car la chapelle, c’est le cœur du Sanctuaire. C’est le cœur, ça veut donc dire que c’est à partir de là que se diffuse l’amour du Seigneur pour tous les pèlerins qui passent. C’est le cœur parce que c’est là qu’habite le Seigneur, dans la présence réelle eucharistique au cœur du Tabernacle.

Mais, dans cette chapelle, il y a aussi la statue de Notre Dame de Laghet qui est vénérée par tous les pèlerins. Il est bon de savoir que cette statue n’était pasici quand ont eu lieu les 3 premiers prodiges en 1652. Ce n’est que quelques temps après que Don Jacques Fighera fera don de cette statue qui lui appartenait. Je précise cela pour dire que cette statue n’est pas miraculeuse comme on l’entend dire parfois. Pour nous, chrétiens, ce n’est jamais une statue qui obtiendra des miracles mais l’intercession puissante de la Vierge Marie, notre bonne mère du ciel, sur le cœur du Seigneur.

Cette statue nous la présente, comme beaucoup de statues de Marie, tenant l’enfant-Jésus dans ses bras. L’originalité, la particularité de cette statue de Notre Dame de Laghet, c’est que Jésus tient en ses mains le livre des Ecritures. Ni vos yeux, ni mes yeux ne sont capables de lire ce qui est écrit, mais croyez-moi, le livre est ouvert à la page où il est dit que Jésus n’est pas venu pour abolir la loi mais l’accomplir.

C’est une très belle parole mais pour la comprendre, il faut la relier avec ce que St Paul dira plus tard, expliquant que l’accomplissement parfait de la Loi, c’est l’amour. Ainsi donc, en tenant le livre des Ecritures ouvert à cette page, Jésus donne le sens de sa mission, c’est comme s’il disait : Je suis venu pour vivre l’amour, pour vous donner l’amour, pour vous guérir par mon amour. C’est bien pour cela que nous sommes venus aujourd’hui, nous voulons être visités, restaurés par l’amour si bienfaisant du Seigneur parce que, la maladie que nous partageons tous et dont nous avons tous besoin d’être guéris, c’est une maladie cardiaque : nous n’aimons pas assez, nos cœurs sont trop souvent sclérosés. Avec toutes les autres demandes de guérison très légitimes, cette demande de guérison de nos cœurs, nous la confions demandons à l’intercession de Marie, notre Mère du ciel.

Lecture du deuxième livre des Rois 5, 1-15a
En ces jours- là, Naaman, général de l’armée du roi d’Aram, était un homme de grande valeur et hautement estimé par son maître, car c’est par lui que le Seigneur avait donné la victoire au royaume d’Aram. Or, ce vaillant guerrier était lépreux. Des Araméens, au cours d’une expédition en terre d’Israël, avaient fait prisonnière une fillette qui fut mise au service de la femme de Naaman. Elle dit à sa maîtresse : « Ah ! si mon maître s’adressait au prophète qui est à Samarie, celui-ci le délivrerait de sa lèpre. » Naaman alla auprès du roi et lui dit : « Voilà ce que la jeune fille d’Israël a déclaré. » Le roi d’Aram lui répondit : « Va, mets-toi en route. J’envoie une lettre au roi d’Israël. »
Naaman partit donc ; il emportait 10 lingots d’argent, 6000 pièces d’or et 10 vêtements de fête. Il remit la lettre au roi d’Israël. Celle-ci portait : « En même temps que te parvient cette lettre, je t’envoie Naaman mon serviteur, pour que tu le délivres de sa lèpre. »
Quand le roi d’Israël lut ce message, il déchira ses vêtements et s’écria : « Est-ce que je suis Dieu, maître de la vie et de la mort ? Ce roi m’envoie un homme pour que je le délivre de sa lèpre ! Vous le voyez bien : c’est une provocation ! » Quand Élisée, l’homme de Dieu, apprit que le roi d’Israël avait déchiré ses vêtements, il lui fit dire : « Pourquoi as-tu déchiré tes vêtements ? Que cet homme vienne à moi, et il saura qu’il y a un prophète en Israël. » Naaman arriva avec ses chevaux et son char, et s’arrêta à la porte de la maison d’Élisée qui envoya un messager lui dire : « Va te baigner 7 fois dans le Jourdain, et ta chair redeviendra nette, tu seras purifié. »
Naaman se mit en colère et s’éloigna en disant : « Je m’étais dit : Sûrement il va sortir, et se tenir debout pour invoquer le nom du Seigneur son Dieu ; puis il agitera sa main au-dessus de l’endroit malade et guérira ma lèpre. Est-ce que les fleuves de Damas, l’Abana et le Parpar, ne valent pas mieux que toutes les eaux d’Israël ? Si je m’y baignais, est-ce que je ne serais pas purifié ? » Il tourna bride et partit en colère. Mais ses serviteurs s’approchèrent pour lui dire : « Père ! Si le prophète t’avait ordonné quelque chose de difficile, tu l’aurais fait, n’est-ce pas ? Combien plus, lorsqu’il te dit : “Baigne-toi, et tu seras purifié.” » Il descendit jusqu’au Jourdain et s’y plongea sept fois, pour obéir à la parole de l’homme de Dieu ; alors sa chair redevint semblable à celle d’un petit enfant : il était purifié !
Il retourna chez l’homme de Dieu avec toute son escorte ; il entra, se présenta devant lui et déclara : « Désormais, je le sais : il n’y a pas d’autre Dieu, sur toute la terre, que celui d’Israël ! » Je t’en prie, accepte un présent de ton serviteur. » Mais Élisée répondit : « Par la vie du Seigneur que je sers, je n’accepterai rien. » Naaman le pressa d’accepter, mais il refusa.

Homélie du Père Roger
Avez-vous remarqué que si Naaman, ce général syrien a pu être guéri, c’est grâce à l’intervention d’une fillette ? Et cette intervention est magnifique puisque cette fillette, le texte nous explique qu’elle avait été capturée au cours d’une bataille et mise, comme esclave, au service de la femme de Naaman. Apprenant la maladie du mari de sa maitresse, cette fillette aurait pu dire : « bien fait pour eux ! Dieu punit ceux qui privent des enfants de leur liberté, ils ne l’ont pas volé ! » Ce n’est pas du tout de cette manière qu’elle va réagir, c’est même tout le contraire. Apprenant la maladie du mari de sa maitresse, la fillette se rappelle que, dans son pays, il y a un prophète auquel le Seigneur ne refuse rien. Alors, elle a l’audace d’en parler à sa maitresse qui, à son tour, en parle à son mari.

Je trouve l’attitude de cette jeune fille vraiment extraordinaire ! D’abord parce qu’elle n’a aucune rancune à l’égard de ceux qui lui volent sa liberté en la gardant comme esclave à leur service. Et ensuite, parce qu’elle est d’une audace étonnante ! Elle qui est une gamine, qui plus est une esclave, elle ose prodiguer un conseil à sa maitresse pour lui indiquer comment son mari pourrait être guérir. Et, de fait, en suivant les conseils de cette jeune fille, le grand général Naaman sera guéri. Comme quoi, pour accomplir des merveilles, Dieu est capable de passer par des chemins tellement inattendus. Et ce qui était vrai hier, le demeure aujourd’hui. Mais, hier, comme aujourd’hui, pour accomplir ces merveilles, le Seigneur attend de nous audace et Foi.

  • Commençons par l’audace. A l’image de cette jeune fille, ici, au sanctuaire, il nous faut de l’audace pour proposer ces temps de prière de guérison en croyant que le Seigneur accepte de passer par notre pauvreté pour continuer cette œuvre merveilleuse commencée en 1652. Dans quelques instants, il me faudra encore de l’audace pour passer au milieu de vous avec le St Sacrement en croyant que Jésus veut, aujourd’hui encore, déployer sa puissance de guérison. Si vous êtes venus à cette prière de guérison en étant conseillé, invité par une personne, il aura fallu de l’audace à cette personne pour oser vous le proposer. Jamais rien de grand ne se fera sans audace !
  • Il faut aussi de la foi. Au début de sa démarche, Naaman a manifesté une certaine foi en osant croire à cette proposition qui lui avait été transmise par sa femme via cette jeune fille. Mais, quand il est en présence du prophète et de la demande que le prophète lui adresse pour guérir, sa réaction montre qu’il n’est plus du tout dans la foi. Vous l’avez entendu, il s’était fait tout un scénario sur la manière dont devait se dérouler sa guérison. Sûrement il va sortir, et se tenir debout pour invoquer le nom du Seigneur son Dieu ; puis il agitera sa main au-dessus de l’endroit malade et guérira ma lèpre. Alors, quand le prophète lui dit qu’il n’a qu’à se tremper 7 fois dans le Jourdain pour être guéri, il trouve que cette proposition n’est pas sérieuse et refuse. Heureusement, ce sont encore des serviteurs, peut-être des esclaves qui vont l’aider à changer d’avis. Si rien de grand ne se fera jamais sans audace, rien de grand ne se fera jamais sans une foi confiante. C’est à cette foi confiante que nous serons invités tout à l’heure quand je passerai avec le St Sacrement. Cette foi confiante, elle exigera
    • Cette foi confiante, elle exigera que vous croyiez que c’est vraiment Jésus qui passe au milieu de nous, le même Jésus qu’il y a 2000 ans possédant la même puissance de guérison et de Salut.
    • Cette foi confiante, elle exigera que vous croyiez que le Seigneur vous aime d’un amour unique et tellement grand qu’il ne vous oubliera pas, qu’il ne pourra pas passer à côté de vous sans poser sur vous son regard d’amour. Il vous visitera, c’est sûr.
    • Cette foi confiante, elle exigera que vous croyiez que le Seigneur, qui vous aime, sait exactement ce qu’il doit faire pour vous. Il vous visitera pour vous bénir, vous guérir, exactement là où il est le plus essentiel que vous soyez touchés.
    • Cette foi confiante, elle exigera enfin que vous renonciez à tout scénario sur la manière dont vous aimeriez que le Seigneur vienne vous visiter. Laissez-lui carte blanche, il sait ce qu’il doit vous donner et comment il doit vous le donner.

Enfin le dernier point que je voudrais souligner, c’est la gratuité avec laquelle le Seigneur agit. Vous avez entendu dans le texte, Naaman avait apporté, de la part de son roi, 10 lingots d’argent, 6000 pièces d’or et 10 vêtements de fête, ce n’est vraiment pas rien ! Vous le comprenez bien, le roi de Syrie voulait comme acheter, monnayer la guérison de son général. Il avait agi ainsi car, chez lui, il fallait payer les dieux païens quand on leur demandait des bienfaits. Et vous avez remarqué comment Elisée va réagir quand Naaman, purifié de sa lèpre, veut lui donner les somptueux cadeaux qui avaient été préparés. Elisée refuse catégoriquement et il le fait pour montrer clairement que, à l’inverse des dieux païens, c’est gratuitement que Dieu nous prodigue tous ses bienfaits. Nous n’avons rien à donner pour être guéris, Dieu n’est pas un marchand de tapis ! En revanche, quand Dieu nous a guéris, nous pouvons lui offrir le plus beau des cadeaux, c’est-à-dire nous-mêmes, lui faire l’offrande de nos vies en témoignant de son amour et en aidant, en aimant tous ceux qui sont en difficulté.

Notre Dame de Laghet intercède pour nous !