21 décembre : 4° dimanche de l’Avent. Que faisons-nous des signes que Dieu nous envoie ?
Pour comprendre les Ecritures, nous avons souvent besoin d’être éclairés, sinon, bien des textes restent mystérieux. Pas tous, heureusement, il y en a qui sont d’une limpidité extraordinaire ce qui était le cas, par exemple, de la 2° lecture d’aujourd’hui dans laquelle Paul donnait en quelques lignes un résumé absolument exemplaire de la foi, de l’Evangile, c’est-à-dire la bonne nouvelle qu’il veut proclamer et que nous sommes appelés à proclamer, nous aussi, en devenant des disciples-missionnaires audacieux. Mais la 1° lecture, elle, si on ne l’explique pas, elle risque de nous apporter plus de questions que de réponses !
En effet, Dieu propose au roi Acaz, un petit jeunot d’une vingtaine d’années, de lui demander un signe pour prendre une bonne décision dans la situation difficile qui est la sienne. Je ne peux pas entrer dans tous les détails de l’histoire, mais le Royaume de Jérusalem est comme pris en étau. Acaz doit décider s’il cherche des alliances avec les puissants qui risquent de l’engloutir, s’il s’allie avec les petits pour résister aux grands sans espoir d’y parvenir, ou s’il décide de s’appuyer exclusivement sur le Seigneur. Pour le guider dans son choix, Dieu lui dit : demande-moi un signe et je te le donnerai, sous-entendu : ainsi tu sauras clairement ce qu’il faut faire. Acaz refuse, mais il ne refuse pas parce qu’il estimerait que demander un signe, serait un manque de foi, ce que laisse entendre sa réponse hypocrite non ! Il refuse parce qu’il a déjà décidé et qu’il ne veut pas remettre sa décision en cause alors qu’il sait que cette décision ne plait pas au Seigneur. Vous comprenez pourquoi il ne veut surtout pas de signe qui, forcément, lui montrerait qu’il a tort et qui l’obligerait à changer complètement sa décision pour être fidèle à ce que le Seigneur lui demande.
Dieu le respecte parce que Dieu nous respecte toujours, même quand nous nous entêtons à choisir des chemins qui ne nous conduisent que dans des impasses. C’est comme s’il lui disait : ok, tu ne veux pas de signe, je ne t’en donnerai pas à toi, mais j’en donnerai quand même un pour les générations futures. Et c’est là, que nous avons ce qui, à l’époque, 6 siècles avant notre ère, a dû sembler une annonce bien mystérieuse : Voici que la vierge est enceinte, elle enfantera un fils, qu’elle appellera Emmanuel. Etonnante, cette annonce, 600 ans avant Jésus-Christ qui dit qu’un enfant va naître d’une vierge et qu’il sera Emmanuel, c’est à dire celui que tous attendaient depuis si longtemps comme nous le rappelle les paroles du chant « il est né le divin enfant », faisant remonter, avec exagération, cette attente à plus de 4000 ans !
Dans l’expression d’Isaïe : voici que la vierge est enceinte, on pourrait discuter sur l’utilisation du mot « vierge ». En effet, Isaïe ne l’utilise pas vraiment, lui, il parle seulement d’une femme ; mais, quand la bible sera traduite en grec 250 avant Jésus, les traducteurs changeront ce mot de femme par celui de Vierge. Etonnant non ? 250 ans avant la naissance du Christ, une certitude se fait jour, la prophétie se précise, c’est une femme Vierge qui mettra au monde le Messie. Là, nous pouvons voir un signe assez fort qui vient renforcer notre foi. C’est tellement impensable qu’une Vierge mette au monde un enfant, que, manifestement, dans cette annonce, il y a la signature de Dieu. Et c’est bien ce qui va se passer. Puisque rien n’est impossible à Dieu, il a fait ce qu’il fallait pour que l’impossible devienne possible, le Messie est né d’une Vierge. Si ça, ce n’est pas un signe, que nous faut-il ? Alors, je sais que certains remettent en cause cette naissance virginale de Jésus parce que ce qu’ils ne croient pas que rien n’est impossible à Dieu. Mais savez-vous que même les musulmans croient que Jésus qui, pour eux, n’est qu’un prophète est né d’une femme, vierge, que, eux appellent Myriam et pour qui ils ont une véritable vénération.
Revenons sur le signe donné par Dieu. Car ce n’est pas tout ! Dans l’Evangile, nous avons entendu l’histoire de Joseph, on ne parle pas beaucoup de Joseph, lui-même ne dit absolument rien, pourtant il est un personnage essentiel dans l’histoire du Salut. En effet, le Messie devait être de la descendance de David, c’est ce qu’ont affirmé toutes les prophéties. Marie, elle, elle n’était pas de la descendance de David, il fallait donc lui trouver un époux qui le serait. Nous ne savons pas comment Marie et Joseph se sont rencontrés, mais ce qui est formidable, c’est que Joseph, lui, il était de la descendance de David.
C’est d’ailleurs pour cela qu’il leur faudra partir à Bethléem au moment du recensement car Bethléem était la patrie de David. Ainsi donc, grâce à leur rencontre, les prophéties pouvaient être entièrement accomplies. Jésus Emmanuel est né d’une Vierge et il sera bien de la descendance de David. Avouez que Dieu a bien fait les choses !
Oui, mais il restait quand même un hic ! Quand Joseph a rencontré Marie, il imaginait un tout autre avenir pour leur couple, un avenir normal avec plein d’enfants. Mais voilà que Marie, ayant reçu l’annonce de l’ange, se retrouve enceinte. Je pense que pas un seul instant Joseph s’est mis à douter de la fidélité de Marie. Elle a lui a forcément parlé et Joseph a vite compris que cette histoire le dépassait. Il a donc estimé qu’il n’avait plus sa place et c’est pour cela qu’il a voulu rendre sa liberté à Marie, pour qu’elle puisse vivre sans obstacle son histoire avec Dieu. Mais, ça ce n’était pas dans le plan de Dieu, alors l’ange reprend du service pour aller expliquer à Joseph qu’il a toute sa place et quelle place dans cette histoire puisqu’il doit relier le Messie à la lignée de David.
C’est pour cela que Joseph recevra la mission hautement symbolique dans l’Orient de donner son nom à l’enfant et un nom qui ne laisse aucun doute sur son identité : le Seigneur sauve. On pourrait comparer l’histoire du Salut à un immense puzzle dans lequel, il fallait que chaque pièce trouver et tenir sa place. Restaient les deux dernières à mettre en place, les plus compliquées parce que tellement improbables, mais encore une fois, parce que rien n’est impossible à Dieu, Marie et Joseph ont parfaitement trouvé leur place, complétant ce merveilleux puzzle de l’histoire du Salut commencée depuis la création du monde.
Acaz n’a pas voulu de signe et j’ai expliqué pourquoi, Dieu a décidé de le donner quand même pour les générations futures et j’espère vous avoir convaincu avec l’histoire de Marie et Joseph qu’il est béton ce signe ! J’ai envie de dire que ce n’était qu’un signe supplémentaire. En effet, avec la création, des signes, il nous en donné pas mal. Si vous aimez la science, lisez le livre : Dieu la science, les preuves. Je sais que ce livre ne fait pas l’unanimité, mais sur les signes qu’il donne, il est absolument fiable. Rien ne s’est fait par hasard, dans l’univers, comme dans le corps humain, il y a tellement de « réglages fins » comme disent les scientifiques qu’une seule donnée qui aurait été changée d’une variation infinitésimale aurait rendu la vie impossible. Actuellement, plus les scientifiques progressent et plus ils s’interrogent, mouvement inverse de ce qui s’est produit dans le passé.
Acaz n’a pas voulu de signe, Dieu a décidé de le donner quand même pour les générations futures comme il en avait donné pour les générations précédentes afin de fortifier la foi. Mais, il n’y a pas que ces signes « bétons » ! Puisque Dieu s’est fait l’Emmanuel, il est avec nous et donc, chaque jour, il nous fait signe, des signes souvent très modestes, mais bien réels. Nous ne devrions jamais nous endormir sans relire notre journée pour repérer ces signes. Mais ne sommes-nous pas parfois comme Acaz, refusant ces signes parce que nous préférons tout diriger nous-mêmes et ne pas nous laisser déranger ? Posons-nous cette question : que faisons-nous de tous ces signes qui nous sont offerts ?
Par l’intercession de Notre Dame de Laghet, demandons la grâce de savoir lire tous ces signes pour que chaque jour notre foi en Christ se renforce, pour que nos cœurs soient toujours plus ouverts à celui qui est venu, qui vient et qui reviendra.



